Culture is future » Attractivité des territoires et cohésion sociale

09.09.2011

Qui est Totonho ?

Il y a presque 40 ans, Antonio de Araujo Pereita, connu sous le pseudonyme Totonho, déménagea de la campagne de l’état de Bahia à sa capital, Salvador. Après une enfance idyllique dans la ferme de ses grands parents, déménager dans une ville fut un grand choc de culture. Mais le vrai choc fut quelques années après lorsqu’il retourna sur son lieu de naissance : la terre verte et fertile d’antan était complètement dévastée et les rivières où il allait pêcher avec son père étaient desséchées. C’est à ce moment que Totonho décida de lutter pour la préservation de la nature. Il choisit ses propres armes : pinceaux et toiles.

Totonho peint depuis aussi longtemps qu’il puisse s’en souvenir. Enfant, il remarqua comment le café colorait de brun une serviette, comment la terre rouge se changeait en peinture lorsqu’il pleuvait, et comment les fruits et graines laissaient des marques sur ses vêtements. Instinctivement, il commença à peindre et, par manque de papier, il peignait sur les murs. « Au départ, mon père s’est énervé, mais rapidement il ramena ses amis pour leur montrer mes peintures. » Il surprit aussi sa mère créant et cousant des vêtements : « j’ai toujours pensé que ses dessins sur papier étaient bizarre, parce c’était uniquement des habits, sans personne. J’ai secrètement pris ses modèles et dessiné des personnages à l’intérieur des habits. »

Vivant à Salvador, Totonho se développa en tant qu’artiste. Il commença à travailler avec des peintures à l’huile et peignit les monuments, les églises et les places historiques connus de la ville. Il reçut des conseils d’autres artistes, mais il n’a jamais suivi de cours d’école d’art. « Je suis un 100% autodidacte. Une fois, j’ai commencé un cours à l’académie d’art de Salvador, mais cela n’a pas réussi. Inspiré par le morceau « Oração ao Tempo » de Caetano Veloso, je fis une peinture surréaliste. Le professeur pensa que j’étais complètement fou. Je devais peindre selon ses règles, mais ce n’est juste pas pour moi. »

Totonho commença à choisir ses propres thèmes, il se plongea dans l’histoire de l’art et était très impressionné par Salvador Dali. Les peinture  de Totonho contiennent des éléments surréealiste, mais ils sont colorés et méticuleusement détaillés. Ce sont principalement des paysages chimérique, mélanges intrigant de fiction et réalité, souvent des paysages de sa jeunesse, des paysages qui n'existent plus. «Je sens un fort besoin de capturer mes souvenirs. A la ferme, mes grands-parents étaient auto-suffisants. Ils cultivaient des haricots, du maïs, du manioc, des fruits, du café et du tabac. Le sol était fertile et vert, et les rivières et les lacs étaient remplis des poissons. Près de notre terre il y avait une forêt tropicale pleine de faune et de mystères ... " 
Telle était la nature, riche et belle, qui avait disparu lorsque Totonho est retourné à la campagne après  s’être installé à Salvador : «Les agriculteurs avaient détruit les terres. Ils avaient coupé les arbres pour brûler et vendre le chardon, ou pour planter de l’herbe pour nourrir le bétail. Ils étaient seulement préoccupés par le profit, mais des conséquences terrifiantes étaient déjà visibles : les rivières et  les lacs étaient desséchés et les terres autrefois fertiles avait été complètement dévastées. Je savais que je devais faire quelque chose pour montrer ma colère et mon dégoût de la cupidité humaine." 

Totonho a voyagé à travers le monde pour exposer ses œuvres et animer des ateliers. Il aime travailler avec les enfants à qui il apprend à prendre soin de la nature et à explorer leurs talents. "Je suis content de mon travail parce que j’arrive à attirer l'attention des enfants et de personnes qui sont sensibles à la beauté de la nature." La nature reste sa principale inspiration: «Je ne peux pas imaginer quoi que ce soit d’aussi beau que la pluie tombant sur le sol desséché. Pour voir les plantes et les arbres se reverdir après une période de torride chaleur. Et j'adore la pêche, lancer mes lignes dans un lac ou une rivière et attendre jusqu’à obtenir une prise. Cela me donne un sentiment de paix et m’inspire. C'est une de mes grandes préoccupations, que des choses comme ça ne soient plus possible car il n'y aura plus de nature. "

Pour en savoir plus

Site de Totonho

Facebook de Totonho

 

Une contribution d'Eva Bomans

Crédit photographique : totonho