Culture is future » Attractivité des territoires et cohésion sociale

17.07.2013

Le Festival des Vieilles Charrues, créateur de son, de liens sociaux et d’identité

Créé en 1991, le festival breton fidélise un public bien au-delà de sa programmation pour devenir un véritable phénomène identitaire.

L’impact social que développent les Vieilles Charrues n’a cessé de s’accroître depuis sa création et prend de plus en plus d’ampleur.

Qui a dit que l’on venait tout d’abord à un festival de musique pour la programmation ?

Pour le cas « Vieilles Charrues », c’est l’ambiance que les festivaliers viennent chercher en premier. En 2011, un article du Figaro citait Jean-Jacques Toux, responsable de la programmation et président de l’association des Vieilles Charrues: « On a l’impression que la tête d’affiche des Vieilles Charrues, ce sont les Vieilles Charrues elles-mêmes ». Non seulement le festival propose une programmation riche et éclectique mais il détient également, comme tout bon breton qui se respecte, sa potion magique.

Accueillant désormais près de 250 000 personnes par édition, les Vieilles Charrues ont réussi à faire de leur festival un rassemblement emblématique tout aussi mythique que celui de Woodstock. Ce n’est pas pour rien qu’ils organisèrent un jumelage avec la ville de Woodstock, en 2009 !

Ce que l’on veut ? Faire la fête, se rassembler sur des grandes plaines autour de concerts et rencontrer des gens. Les Vieilles Charrues c’est la recherche de rêve, de liberté, de plaisir, d’humour, et la volonté de se couper du monde dans lequel on vit pendant quatre jours, comme l’indique M. Le Lameur, auteur du livre La folie Vieilles Charrues paru en 2010.

Chaque année, de nombreux billets se vendent bien avant que la programmation ne soit dévoilée. A la question « Pourquoi ? », nombreux seront ceux qui vous répondraient que les émotions, le ressenti et les aventures hors du commun sont ce qu’ils recherchent. Ils définissent eux-mêmes cela comme « L’esprit Vieilles Charrues ». Chaque année, des traditions perdurent comme le déguisement ou la confection de drapeaux. Un langage spécifique s’instaure. On est dans un esprit de clan. On se sent appartenir à un groupe. C’est ça l’identité Vieilles Charrues.

N’oublions pas non plus que depuis plus de vingt ans, le festival active l’économie de sa région en privilégiant les acteurs locaux et en permettant à leurs activités de se développer, ce qui amène à une certaine fierté ; et ils ont de quoi !

Ne cessant de déborder d’idées, le festival prévoit l’ouverture d’un musée des Vieilles Charrues en 2014, mémorial, retraçant l’histoire de cette folle aventure et assurant la pérennité de son souvenir. La ville de Carhaix a encore de longs jours devant elle, les touristes n’ont qu’à bien se tenir ! Ou pas.

Gaëtane DUMONT