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17.11.2012

#FA2012: Session "Organiser le temps"

Résumé complet de la session ‘Organiser le temps : mémoire et transmission dans un monde en réseau’ animée par Ezra Suleiman, historien, professeur à Princeton.


#FA2012 Jour 3 : Session "Organiser le temps" par forumavignon


Cette session ouverte par une première table ronde ‘Les temps de la mémoire’ a constitué un véritable choc émotionnel tant les témoignages des dessinateurs Israélien Michel Kichka, et algérien Ali Dilem, sur leur relation avec leur histoire personnelle et nationale ont été poignante et intime.   Entre les traces indélébiles du passé, la force de l’espoir, le futur nécessairement idéalisé et un présent à croquer intensément, chacun malgré la douleur ont brossé  de magnifiques  raisons d’espérer.

Dans la foulée, celui  de Claas Willeke, membre de DIE REDNER pour Réinventer l’Europe de la culture à partir de l’extrait de leur spectacle montrait le cauchemar plausible si en 2063 cette Europe ne s'est pas développée comme le Général de Gaulle et Adenauer l'avaient souhaité il y a cent ans : les conflits, le nationalisme et la violence ont a nouveau plongé dans le noir ce continent.

La présentation de l’étude Ernst and Young ‘Orchestrer le temps des créateurs, des consommateurs et de l’industrie’ a brossé les traits de  l’Homo Conexus, zappeur multitâches, dont les comportements interpellent tant les entrepreneurs des médias et de la culture.  A la question, le livre, la presse, la musique, l’Internet, la gastronomie sont-ils solubles dans cette accélération du temps de ce consommateur avide ? Jean-François Colosimo, Président du Centre National du Livre,

Caroline Champion, exploratrice de saveurs et Kohei Nishiyama, Président fondateur de elephant design co., ltd., ont apporté leurs points de vue. Tous ont rappelé que la culture est un fait de civilisation, qui nécessitent de prendre le temps de la rencontre, de l’apprentissage, et de la transmission.

En contre point, la magnifique prestation du  contre-ténor Fabrice Di Falco, accompagné du pianiste Florent Hu et du slameur Capitaine Alexandre, a rappelé que l’artiste était la passerelle entre les mémoires et que par son talent il les réincarnait de Vivaldi, Purcell au hip hop.

La table ronde ‘Le musée imaginaire’ animé par Irène Braam, Vice-Présidente, Relations institutionnelles de Bertelsmann avec Julien Anfruns, Directeur général, ICOM et Paul Andreu, architecte, a rappelé malgré la profusion de formes et de projets, le musée invente et pérennise  relation spécifique à l’œuvre d’art, entre conservation et création permanente.

Hector Obalk, archiviste et historien d’art plonge dans les fresques de la chapelle Sixtine pour en livrer les détails et les secrets. Le plafond de la Sixtine comme vous ne l’avez jamais vu.

Les échanges haut en couleur et inconciliables entre les philosophes Régis Debray et Richard David Precht, philosophe, Allemagne confirment que la lecture de l’évolution du monde peut susciter des échanges loin du politiquement correct. Precht rappelle que plus qu’internet c’est l’argent qui a contribué à tout quantifier dans les relations humaines, et que la révolution digitale n’en est qu’une évolution. Régis Debray s’inquiète davantage de cette évolution, isolant les individus et nivelant les consciences.  «  Partout la distance supplante le temps. Faisant de notre société un présentisme sans profondeur et sans continuité. »

Le Forum d’Avignon 2012 croqué par Ali Dilem, Liza Donnelly, Nadia Khiari, Michel Kichka de Cartooning for Peace, soit plus  de 50 dessins résumant avec esprit  deux jours de débats et de raisons d’espérer.

Avec à ses cotés les artistes Barbara Hendricks et Mircea Cantor, Hervé Digne Vice Président du Forum d’Avignon  a brossé les plusieurs perspectives de ces ‘raisons d’espérer’ 2012  à l’issue de ces trois jours de débats :  

 

  • La culture est en soi une forme d’espoir. Elle s’adresse à ce qu’il y a de meilleur dans les hommes, à leur humanité. Elle est un rempart contre tous fanatismes jamais éteints,
  • la culture doit être mise au cœur du projet européen, invitant les responsables  à retrouver l’esprit de ses pères fondateurs
  • le pari sur le potentiel créatif des générations numériques constitue une réponse parfois dérangeantes mais qui annoncent les solutions de demain.

 

Des pistes ont été dessinées, aux créateurs et aux citoyens d’y ajouter les couleurs et les reliefs. Pour un meilleur vivre ensemble.