Culture is future »

12.06.2012

Entre transmission et brassage, le hip hop artistique de Mourad Merzouki

De la rue aux portes des centres chorégraphiques nationaux (CCN), n’y a-t il qu’un pas de danse ? C’est en tout cas, ce que laissent penser les parcours des danseurs Hip Hop, Kader Attou au CCN La Rochelle et Mourad Merzouki à celui de Créteil et du Val-de-Marne. Ce dernier reconnait que le regard sur la culture hip-hop a bel et bien changé depuis vingt ans. 

Surtout que la reconnaissance purement artistique du hip-hop ne s’arrête pas là, puisque Mourad Merzouki est nommé artiste associé de la 32ème édition du festival Montpellier Danse.  « C’était inimaginable il y a encore quelques années. «  Pour celui qui présente trois spectacles de sa Compagnie: Boxe BoxeKäfig Brasil et Yo Gee Ti, en première européenne, le rendez-vous de Montpellier comme les travaux des CCN dépassent les préjugés d’ordre éthique collés au Hip hop.  

Petit retour en arrière.  Cet artiste précoce, né à Lyon en 1973, se passionne pour le cirque et les arts martiaux avant de découvrir la danse à l'âge de 15 ans. En 1989, le collectif Accrorap créé avec notamment son complice Kader Attou, sort le  hip hop de la rue. Les projets se succèdent alors : création de sa propre compagnie Käfig en 1996, lancement du festival Karavel en 2007 et du lieu de création et de développement chorégraphique, Pôle Pik en 2009 à Bron. La même année, la direction du CCN de Créteil et du Val de Marne… Plus de 17 spectacles en quinze ans, 120 représentations en moyenne par an ; une aventure qui a bénéficié du soutien de la Fondation BNP Paribas depuis 2003.

Celui qui développe un hip-hop spectaculaire et chaleureux, à la vitalité communicative puise volontiers dans ses souvenirs d’enfance :  comme pour Boxe, du ring à la scène, du gong au lever de rideau, de l’arbitre au regard des critiques, les similitudes sont, pour lui nombreuses entre la danse et la vie quotidienne. Il s’en sert pour produire des spectacles aboutis où la frontière scène et salle est souvent abolie.  

« Les spectacles proposés par des chorégraphes issus de la culture hip-hop sont le fruit d’un savant mélange de plusieurs disciplines, de plusieurs univers artistiques, participant d’une même écriture chorégraphique.» Nourrie de ce brassage, la transmission, au cœur des projets de Mourad Merzouki est une dynamique vers une culture pour tous . « Ce mélange des genres ouvre la proposition artistique à un public néophyte : j’aime ce mélange de classes sociales et d’âges. Le public vient pour telle ou telle composante de la création, ou parfois au hasard. »

L’avenir ? Il se nourrit de tournées (autour des nouveaux spectacles  Yo Gee Ti et de Käfig Brasil) et de projets structurants pour la Biennale de Lyon. Jamais à court de nouvelles idées ; le chorégraphe annonce pour  Jour de fête de Créteil, que ‘l’enjeu sera d’intégrer les habitants à la chorégraphie’ et tient sa promesse de veiller  au renouvellement incessant de la culture hip-hop. 

 

Pour en savoir plus, découvrez le projet du CCN de Créteil et du centre chorégraphique Pôle Pik

Pour en savoir plus sur Mourad Merzouki (site de la fondation BNP Paribas), cliquez ici

 

 

Crédits photo : Franck Douwes