Culture is future » Financements et modèles économiques

13.08.2015

Contribution : "YouTube, quelle rémunération pour les auteurs ?" par Chloé Saulas

Certains amateurs réalisent des vidéos spécialement pour la plateforme de partage de vidéos : YouTube. Au vu de l’ampleur du phénomène, cette dernière a mis en place un système de rémunération par la publicité où les amateurs se professionnalisent. Ils s’apparentent alors à la plateforme et deviennent des « YouTubers ».

YouTube et ses YouTubers professionnels

C’est lors d’une étude Hadopi où la Haute Autorité sélectionna 3 300 vidéos dans le but d’observer l’évolution de leurs nombres de vues, qu’il a été mis en évidence que 22,6% des vidéos mises en ligne sur la plateforme YouTube sont des créations d’amateurs.  Ces derniers réalisent des vidéos mettant en scène des thèmes et des formats très divers tels que la pastille humoristique, la critique de cinéma, les tutoriels lifestyle ou encore le test de jeux vidéo. Ils sont communément nommés : « YouTubers » car ils sont rémunérés par YouTube.

Un modèle économique spécial à YouTube ?

YouTube base son système économique sur la publicité. Les internautes qui publient sur la plateforme et qui accumulent un nombre de vues à leurs vidéos intéressant sont alors proposés par YouTube à des annonceurs. YouTube présente ces internautes créateurs sur le site Internet www.socialblade.com, à travers des études statistiques, des graphiques et des tableaux retraçant leurs activités sur leurs chaînes. Les annonceurs peuvent ainsi faire leurs choix. Le système YouTube est basé sur la redistribution, les entreprises investissent des capitaux sur la plateforme, qui ensuite reverse une partie aux  YouTubers.

Il s’agit d’une rémunération au nombre de vues. Lorsqu’une vidéo dépasse les 1000 vues, celui qui l’a posté prétend à obtenir une rémunération. Plus le nombre de vues augmente plus le montant est important. 

Le dispositif de rémunération s’enclenche à partir du moment où le vidéaste, ayant dépassé le palier des 1 000 vues, décide d’accepter la publicité sur sa chaîne. Sur son site, YouTube prévoit un espace où les vidéastes se renseignent sur le dispositif de rémunération et peuvent d’inscrire pour y avoir accès. YouTube s’assure alors s’ils remplissent les conditions et le règlement de la plateforme ainsi que l’éthique de sa communauté. Par ce biais, aucun contenu désobligeant n’est subventionné. Suite à cette étape de la part du vidéaste, une collaboration se dessine. Devenu « YouTuber », l’utilisateur obtient un compte bancaire Google Adsense où son argent gagné est reversé.

Le YouTuber français, Le Joueur du Grenier, vidéaste présentant à ses abonnés de vieux jeux vidéo en les tournant en dérision, illustre ce dispositif. L’ensemble de ses vidéos comptabilise presque 300 millions de vues. Selon les statistiques exposées sur socialblade.com, il touche entre 1 600 et 25 000 euros par mois. Cette large fourchette s’explique suivant le nombre de vidéos qu’il produit dans le mois, si elles fonctionnent auprès des internautes et si les annonceurs ont pariés sur lui.

Ce système économique permet à YouTube d’obtenir un chiffre d’affaire en 2014 de 3,5 milliards de dollars.

YouTuber, un métier ?

Aujourd’hui, autant en France qu’à l’étranger, certains YouTubers vivent de leurs vidéos. À partir d’un certain nombre d’abonnés et de vues, le vidéaste peut recevoir une rémunération assez élevée pour exercer cette pratique professionnellement. Il reste maître du contenu vidéo qu’il dépose sur la plateforme. S’il souhaite le retirer il doit le signaler à YouTube ou simplement supprimer son compte. Par contre, son engagement envers la plateforme lui impose de ne pas commercialiser sa chaine YouTube sur d’autres sites Internet, ainsi que de ne pas ajouter d’autres publicités ou sponsors à ses vidéos, en plus des spots prévus par YouTube.

S’il est difficile de définir combien de personnes vivent de la plateforme exactement, YouTube reconnaissait en 2012 que plus d’un million de YouTubers, ou du moins de chaîne YouTube, ont accepté de diffuser de la publicité avant leurs vidéos et ont donc été rémunérés pour leurs contenus.

Chloé Saulas, Master 1 Publics de la culture et communication, Université d'Avignon

Sources :