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18.09.2012

Article - Piratage musical : Un index britannique de géolocalisation jette le débat

A ceux qui pronostiquent une baisse du piratage musical, Musicmetric, une société de veille  spécialisée dans l’industrie musicale, vient aujourd’hui remettre les pendules à l’heure.

Son nouvel index, le Digital Music Index qui permet d’analyser les tendances, les préférences et la géolocalisation des millions d'amateurs de musique du monde entier confirme que le piratage musical tient encore la dragée haute à l’industrie. Il peut même servir d’outils marketing de façon plus fine que les plateformes légales.

Les chiffres et des constats édifiants

Malgré la difficulté de l’exercice – seule une faible partie du piratage est traçable - Musicmetric s’est appuyée sur le BitTorrent - l’une des plateformes peer to peer les plus usitées -  pour dresser une cartographie des usages britanniques.

La première édition du Digital Music Index permet d’apprendre entre autre information que :

  • 43 millions d’albums et singles ont été téléchargés de façon illégale dans le pays entre janvier et juin 2012,
  • l’artiste britannique Ed Sheeran - avec son album « + » publié en septembre 2011 par Atlantic - est, depuis janvier 2012, l'artiste le plus téléchargé illégalement par 459 des 694 villes et villages recensés,
  • des préférences peuvent émerger localement, comme sur l’Ile de Wight où l’artiste le plus téléchargé illégalement - en moyennes mensuelles - est … Louis Armstrong.
  • Manchester est la capitale de Grande-Bretagne en matière de téléchargement illégal par personne, suivi par Nottingham, Southampton (Londres se classe en 20éme position)
  • il n’y a pas une corrélation obligatoire entre téléchargements illégaux et population étudiante,
  • et cerise sur le gateau, que Justin Bieber est l’artiste le plus téléchargé à Kidlington, Oxfordshire.

Une offre de services pour mieux marketer la musique

Pour ses clients - l’index Musicmetric constitue sans conteste l’une des cartographies les plus précises jamais réalisées du cyberespace de la musique en ligne pour affiner l’offre. Sa multitude d’informations sur les consommateurs de musique  leur permettra sans aucun doute de localiser finement de nouveaux engouements et de faire jouer la diversité…

Mais à quel prix pour l’industrie et pour quels retours sur investissements ? A quoi bon connaître sa cible si celle-ci considère que votre offre doit être gratuite ? Comment endiguer une pratique qui a pignon sur rue malgré les progrès des alternatives légales ? Comment retrouver les centaines de millions d’euros, livres et dollars par an qui pourraient être investis dans de nouveaux artistes ? Musicmetric répond que la géolocalisation et une analyse permanente du web permettent de tirer autrement parti du web… mais qui restera-t-il pour acheter leur service ?

 

Pour aller plus loin : http://www.bbc.co.uk/news/technology-19599527

Pour recevoir l’étude: http://www.musicmetric.com/dmi/