Culture is future » Financements et modèles économiques

18.10.2013

85 milliards d’euros, c’est le poids économique direct de la culture en France

Autrement dit, 2,2 % du PIB de 2011. Ce résultat  s’appuie sur une définition harmonisée au niveau européen du champ statistique de la culture.

 

85 milliards d’euros, et une valeur ajoutée de 40 milliards d’euros

En 2011, l’ensemble des branches culturelles (audiovisuel, spectacle vivant, livre et presse, agences de publicité, architecture, arts visuels, patrimoine et enseignement culturel) totalise une production de 85 milliards d’euros, et une valeur ajoutée de 40 milliards d’euros. ‘Rapporté à la valeur ajoutée de l’ensemble des branches, cela représente 2,2 %’, selon Yves Jauneau auteur de la lettre d’octobre 2013 du DEPS (Département des études, de la prospective et des statistiques du Ministère de la culture et de la communication). En 2011, l’audiovisuel (radio, cinéma, télévision, vidéo, disque) concentre le quart de la valeur ajoutée culturelle (en euros courants), le spectacle vivant 18 %, le livre et la presse 15 %, et le patrimoine, 11 %.

En attente du calcul des externalités positives

Si l’impact direct est mesuré, il ne prend pas ici en compte l’influence indirecte ou induite que peut avoir la culture sur d’autres activités économiques (notamment tourisme, luxe,…) Externalités positives qui vont faire l’objet d’autres études, publiées dans les prochaines semaines : l’une menée par les Inspections des finances conjointes des Ministère de l’économie et de la culture, une autre par l’ensemble des filières culturelles, sous l’égide de la SACEM.  

La part de la culture dans l’économie baisse depuis 2004

S’il a progressé depuis 1959 pour culminer en 2003 à 2,45 %, le poids économique de la culture dans l’ensemble de l’économie française est en recul depuis. Au sein des différentes branches qui composent le périmètre culturel, les évolutions sont toutefois contrastées : la part relative de la presse et du livre qui représentaient la première branche d’activités culturelles en termes de valeur ajoutée en 1995 diminue continûment ; inversement celle du spectacle vivant progresse, de même que celle du patrimoine. La crise économique de 2008 a particulièrement affecté les activités des secteurs de l’architecture et de la publicité, qui sont en recul ces dernières années.

La part des dépenses des ménages français pour la culture diminue depuis 1995

Entre 1995 et 2011, les dépenses culturelles des ménages n’ont augmenté en moyenne chaque année que de 1,8 %, contre une progression de 3,3 % pour l’ensemble de leurs dépenses. Si le livre et la presse constituent toujours le premier poste de dépenses culturelles des ménages (45 %), il recule sensiblement (56% en 1995), au profit des dépenses consacrées à l’audiovisuel (hors disque), au patrimoine et au spectacle vivant. En 2011, un ménage consacre 20% de ses dépenses culturelles aux activités créatives, artistiques et de spectacle ou aux bibliothèques, archives, musées, contre 8% en 1995.

Cette hausse soutenue, poussée par la forte hausse des prix dans le spectacle vivant, a contribué à l’augmentation de la valeur de la production marchande de ces branches. Le recul le plus net concerne les dépenses des ménages consacrées aux ventes de disques, qui s’effondrent depuis 2003, même si la part des ventes numériques vient ralentir cette baisse depuis 2008. Les dépenses consacrées à l’achat de musique représentent désormais 2 % des dépenses culturelles des Français. (vs 10% en 1995). L’étude de Bain & Company[1] à paraître pour le Forum d’Avignon 2013 montre que grâce aux différentes plateformes en concurrence, le rebond est possible.

Pour en savoir plus : étude complète octobre 2013 




[1] Bain & Company L’ère de la prescription. Du règne de l’abondance à celui de la découverte