Culture is future »

16.10.2015

3 questions à...… Bruno Monnier, fondateur de Culturespaces

Le Forum d’Avignon a rencontré Bruno Monnier, Président-fondateur de Culturespaces, entreprise culturelle qui gère de nombreux lieux du patrimoine en France, dont le Théâtre Antique d’Orange, le musée Caumont Centre d’Art d’Aix en Provence, ou le musée Jacquemart-André à Paris qui présente actuellement l'exposition Florence, portrait à la cour des Médicis (du 11 septembre au 25 janvier 2015).

Vous êtes une des rares entreprises privées à gérer de grands monuments patrimoniaux publics ou privés, pouvez-vous nous expliquer comment est construit votre business model ?

Notre modèle est construit comme celui des grandes fondations anglo-saxonnes, qui ne reçoivent pas ou peu de subventions publiques. 
Notre priorité est d’ouvrir les lieux qui nous sont confiés à un grand nombre de visiteurs et de leur offrir un service de qualité. 
Culturespaces gère aujourd’hui, en délégation de service public, 13 établissements qui accueillent plus de 2.5 millions de visiteurs / an.
Nous proposons un programme d’expositions temporaires ambitieux et dynamique, ainsi que des spectacles aux thématiques très variées. 
Tous nos sites ont les mêmes garanties d’accueil, ils sont ouverts 7 jours sur 7, un audioguide est remis gratuitement, des animations sont proposées pour les enfants et nous avons aussi développé des applications pour smartphones. 
Des services annexes à la visite comme une librairie-boutique et un salon de thé viennent compléter la visite. 
Nos lieux sont aussi régulièrement ouverts aux entreprises pour leurs événements ou manifestations. 

D’autre part, nous veillons à maîtriser nos charges, de manière à ce qu’elles ne dépassent pas nos ressources, car je le rappelle, nous ne bénéficions d’aucune subvention de fonctionnement.

A partir de 180 000 visiteurs / an, nous arrivons à équilibrer nos comptes et même à verser aux propriétaires des redevances affectées aux travaux de restauration. 

Notre modèle de gestion, au final, ne coûte rien à la collectivité et permet même de dégager des moyens pour restaurer et sauvegarder notre patrimoine.

Culturespaces gère des lieux aussi divers que le musée Jacquemart-André, les Arènes de Nîmes ou les Carrières de Lumières des Baux de Provence,  construisez-vous les liens ou des synergies entre ces lieux ?

Chaque lieu a son identité forte et Culturespaces s’attache à renforcer leurs images. 

Toutefois, tous les sites bénéficient de notre réseau et de nos compétences.  Au siège,  à Paris, Culturespaces propose d’abord des services mutualisés en communication, accueil, aménagement, animation ou web par exemple. Nous avons notamment rassemblés tous nos lieux sur un portail Internet unique. 
Nos supports de communication sont communs pour les professionnels du tourisme. 
Par ailleurs, nous pratiquons un système de renvois sur des sites de même région. Et même de billet commun pour des sites situés à proximité immédiate. C’est le cas pour les Carrières de Lumières et le Château des Baux / Les Arènes de Nîmes et le Théâtre antique d’Orange / La Villa grecque Kérylos et la Villa Ephrussi de Rothschild sur la Côte d’Azur.  

Nous leur apportons aussi une politique commune de qualité de service. 
Quand le visiteur vient sur un site Culturespaces, il sait qu’il va retrouver le niveau de service et d’accueil qui nous est propre. Et c’est ainsi que nous fidélisons notre public !

En tant qu'entrepreneur culturel, à quelles compétences et quels métiers faîtes-vous quotidiennement appel ?

Nos monuments, musées et centre d’art sont de véritables lieux de vie dans lequel  le visiteur vient passer un moment que nous devons rendre agréable ! 
En tant que responsable d’établissements aussi différents, je ne vous cache pas que nous devons faire appel à de multiples compétences.
D’abord culturelles, pour la programmation et la production des expositions, pour les services pédagogiques ou l’organisation des circuits de visites… 
Puis des compétences d’ordre managériales, car nous avons aujourd’hui, une équipe de plus de 250 collaborateurs. 
Nous avons également besoin de savoir-faire en matière d’organisation de spectacle, de sauvegarde du patrimoine,  d’entretien de jardins, de communication, de recherche de mécénat, de gestion de librairie, d’accueil des publics… Comme vous le voyez le panel de nos métiers est très varié.

Pour en savoir plus sur Culturespaces

Pour aller plus loin : "Vers une nécessaire hybridation des modèles économiques pour soutenir et favoriser la culture », compte-rendu du débat du Forum d'Avignon en partenariat avec le cabinet Kurt Salmon du 10 juin 2015.

Crédit photo : Jean Grisoni.