Culture is future »

02.01.2013

Aurélie Filippetti's speech during the ceremony of the wishes to the media

The proposal only exists in french for the moment.

Discours d'Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, prononcé à l'occasion de la cérémonie des voeux à la presse

 

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Mesdames et Messieurs,

Après huit mois d’activité comme ministre de la Culture et de la Communication, l’heure n’est évidemment pas au bilan – cela n’aurait guère de sens ! Mais ces premiers mois passés au ministère, dans une période de crise, dans une période de changement aussi, ont permis en tout cas de jeter les bases d’un nouveau pacte de politique culturelle.

J’ai consacré mes efforts à rétablir la cohérence entre les projets du ministère et les moyens dont il pourra disposer aujourd’hui et demain, à préserver aussi les dispositifs d’aide à la création en France et en Europe bien sur.

J’ai ouvert la concertation avec les acteurs du monde de la culture et de la communication pour défricher avec eux de nouvelles pistes. Tout ceci pour définir une nouvelle politique culturelle.

D'abord, qu’avons-nous engagé au cours de ces huit premiers mois ? D’abord vous le savez, j'ai effectué un certain nombre de choix budgétaires, et je les assume !, dans un moment que nous savons difficile, mais nécessaire, de redressement des comptes de l’État. C'était inédit pour le ministère de la Culture et de la Communication. Ces choix ne découlent pas seulement de la nécessité, mais aussi de convictions. Des choix positifs, donc, en faveur de l’éducation, de la formation, de la diffusion de l’art et de la culture sur tous les territoires. Mes priorités sont clairement affirmées et je les respecterai.

J’ai ensuite, avec le gouvernement, affirmé la volonté de préserver les outils de la politique culturelle qui ont fait leur preuve. Par exemple en confortant les principes de notre système de soutien au cinéma. Mais aussi en confortant notre attachement à la loi du 1er août 2003 relative au mécénat, loi dont nous fêtons d'ailleurs cette année le le 10ème anniversaire.

J’ai par ailleurs posé les règles d’un nouveau dialogue. Avec les collectivités locales, qui sont les partenaires essentiels et indispensables d’une politique culturelle cohérente. Pour moi, il n'y pas de concurrence ou de rivalité entre l'action de l’État et celle des collectivités locales mais bien complémentarité et confiance dans un domaine, la politique culturelle, où nous avons besoin de toutes les énergies. J'ai aussi posé les bases, et c'était au combien nécessaire, d'un nouveau dialogue avec les partenaires sociaux du ministère et plus largement du secteur culturel et du secteur de la communication.

Enfin, j’ai souhaité réorienter fermement le travail du ministère.

Pour consolider et moderniser la chaîne du livre à l'ère du numérique. Pour penser l'exception culturelle dans un "acte 2" innovant et pleinement inscrit dans le XXIe siècle.

Pour défendre les positions françaises au niveau européen - où je m'emploie à constituer, avec nos partenaires, et encore cette semaine en Allemagne, des groupes solides et inventifs, attachés à une Europe qui s'exprimerait, qui donnerait enfin de la voix au-delà de la seule notion de marché.

Le travail a été engagé aussi pour mettre un accent nouveau sur les filières de formation - la concertation sur les écoles d’architecture est à mi-parcours, pour préparer le projet national d’éducation artistique et culturelle.

Enfin, pour adapter nos outils de préservation et de valorisation du patrimoine, j'ai demandé aux professionnels de préparer un livre blanc sur l’archéologie préventive.

J'ai donc voulu redonner à la politique culturelle sa vocation première, qui est celle d’être l’un des biens les plus partagés par nos concitoyens. Je veux redonner de l’oxygène à la culture .

La culture est en effet pour la France évidemment un atout formidable, un ferment de citoyenneté. C'est peut-être d'ailleurs sa plus grande force, son lien avec notre histoire et un espoir pour l’avenir. Elle génère bien sur aussi de la croissance économique et de l'emploi mais surtout la culture, dans cette période de crise, est ce qui donne finalement l'espérance et la perspective à la jeunesse.

Alors de quoi va t-il s'agir dans ce nouveau pacte ?

D’abord, justement, de redéfinir les objectifs de la politique culturelle pour qu'elle soit un pacte de citoyenneté.

La politique culturelle a été finalement, au fil des années, progressivement identifiée à la réalisation de grands équipements et on sait que certains ont eu tendance à réduire les politiques culturelles passées aux grands monuments laissés par les grands Présidents. Aujourd'hui, ces grands équipements résistent, et donc il faut assurer, après leur édification, leur activité. Mais surtout cette politique de grands équipements a fini par faire que le remplissage maximum devenait la seule grille de lecture de la réussite ou de l'échec d'une politique culturelle, comme si finalement l'appréciation quantitative était la seule justification de leur existence. La logique d’offre a été poussée jusqu’à l’excès. D’abord évidemment indispensable, à un moment où la France manquait d'équipements et de structures, cette politique est finalement devenue inadaptée, et même je dirais obsolète, décalée, à l'heure où l'augmentation continue de la dépense publique a mis nos finances en danger, mais surtout a grévé les possibilités d'actions des générations futures.

Je veux sortir de cette logique.

Je veux un ministère sobre mais efficace, un ministère au service des gens, des politiques culturelles ou qu'elles se passent dans tous les territoires et quelque soit ceux qui les mènent, par exemple notamment les collectivités locales. Je mènerai mon action au profit des gens, là où ils se trouvent.

C’est évidemment pourquoi je suis très attachée à l'éducation artistique et culturelle. Parce que c'est évidemment une exigence démocratique, parce qu'il n'est pas supportable que certains jeunes, dans les quartiers ou ils vivent, puissent croire, qu'on puisse leur laisser croire, que la culture n'est pas pour eux. Cet enjeu nous mobilisera tous, au ministère de l’Éducation Nationale, comme au ministère des Sports, de la Jeunesse, de l’Éducation populaire et de la Vie associative, au ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche ou encore au ministère de l'Agriculture.

La concertation que Marie Desplechin a bien voulu animer se termine. Nous allons préparer, sur la base de ses travaux, un cahier des charges qui va permettre à tous les acteurs locaux de s'inscrire dans ces projets. Nous le présenterons, avec Vincent Peillon, au mois de février, puisqu'une réunion entre les DRAC et les recteurs sera organisée au Centre National de la Danse de Pantin. Pour mettre en lumière ce qui répond à nos objectifs et ce qui existe déjà, j'ai engagé un "tour de France de l'éducation artistique et culturelle" : en une vingtaine d’étapes qui s’échelonneront d’ici la fin du printemps, je veux valoriser mais aussi expliquer ce que nous voulons proposer aux enfants et aux jeunes, et initier ce processus de généralisation qui est l'objectif rappelé par le Président de la République.

Ce gouvernement ne promet donc pas de construire une nouvelle pyramide du Louvre, mais une petite pyramide dans l’esprit de chaque enfant !

C’est cette même ambition citoyenne qui me conduit aussi à réfléchir avec le service public de l’audiovisuel et France Télévisions à une révision de son contrat d'objectifs et de moyens. Les contraintes budgétaires existent évidemment mais elles ne doivent pas nous conduire à réduire notre exigence.

Parce que la télévision est l'une des pratiques, si ce n'est la pratique culturelle les plus populaires. La vocation du service public est de contribuer à la création, d'informer, de favoriser le renforcement des liens sociaux sur tous les territoires, de participer à l'éducation à l'image, et de s’adresser aux plus jeunes. Il y a des objectifs sur lesquels nous ne devons pas transiger. Ce qui veut dire aussi, bien sur, faire des choix, parce que nul ne peut raisonnablement prétendre tout faire.

Poser les objectifs est essentiel pour définir les priorités d’une action, mais nous devons aussi nous interroger sur l'efficacité de nos moyens d'action.

Le nouveau pacte que je propose est rendu nécessaire parce que les outils qui existent en matière de la politique culturelle doivent être aujourd'hui réarmés : c'est un enjeu majeur.

Je crois profondément en l’efficacité et en la modernité de la régulation. C’est un choix de société fort. Un univers sans règles est toujours, partout, en tout temps, celui des plus forts, celui qui se détourne et qui marginalise les plus fragiles. Aujourd'hui cela suppose évidemment une adaptation de ces outils qui existaient au monde d’aujourd’hui, et ceci dans les trois grands blocs de compétence du ministère de la Culture et de la Communication - le patrimoine, la création et les industries culturelles. Nous avons devant nous un travail très important de refondation à accomplir dans ces trois champs.

Je ne vais pas vous en donner un détail trop long, mais vous indiquer simplement les grands chantiers que nous avons devant nous.

D'abord sur le patrimoine, cette matière essentielle. Pourquoi c'est une matière essentielle ? Parce que c'est une matière là aussi populaire, qui nécessite une modernisation et une remise en cohérence des dispositifs législatifs : nous avons fêté le cinquantenaire de la loi Malraux sur le patrimoine, une grande loi qui a permis de préserver nos bâtiments, notre domaine, nos centres urbains mais aussi nos villages. Aujourd'hui ces outils nécessitent une adaptation et donc je présenterai une grande loi sur le patrimoine en 2013.

Dans le secteur de la création, ensuite, il s’agit pour moi de poser et de résoudre un certain nombre de questions qui ont été trop longtemps négligées, quand elles n'ont pas été "mises sous le tapis" volontairement. La loi d'orientation sur la création, comme s’y était engagé le candidat François Hollande, sera préparée sur la base de la concertation qui vient d’être engagée avec les acteurs du secteur culturel. Elle abordera les aspects économiques de la création(et notamment les conditions de production et la question sensible du nombre de représentations), l’équité territoriale, le parcours professionnel des artistes. La question des modalités des nominations sera posée dans ce cadre et en particulier la question de la place faite aux femmes – à la tête de nos institutions comme sur nos plateaux ! En la matière, il faut être volontariste ! J’ai donc souhaité que, dès la saison 2013-2014, nous marquions une inversion nette de la tendance avec le lancement de « saisons égalité ».

Je propose que les établissements culturels s’engagent sur des initiatives qui permettront de donner une place plus équitable aux femmes, dans la programmation comme dans la répartition des moyens de production. Le théâtre est le miroir du monde, mais il ne faut pas que l’institution culturelle soit le reflet des blocages de notre société.

C'est aussi dans cet état d'esprit que sera abordé au cours de l'année le dossier de l’intermittence. Je fais de l’emploi, et de l'emploi culturel, une priorité. C’est aussi la priorité du gouvernement. Et donc je porterai cette ambition avec mon collègue Michel Sapin, pour tenir cette parole dans l’organisation du dialogue avec les partenaires sociaux, pour protéger aussi ceux qui concourent à la fabrication de notre patrimoine. L’art, c’est aussi du travail : c’est donc aussi à cet endroit que j’entends agir avec responsabilité.

Le troisième acte de refondation, vital pour le soutien à la création et aux industries culturelles est l'acte 2 de l’exception culturelle. Un acte attendu et qui n'a que trop tardé, car l'annonce de la révolution numérique ne date pas d'il y a 8 mois! Il faut réécrire nos outils de régulation des industries culturelles, encore une fois non pas pour opposer les uns et les autres, mais simplement pour préserver l’efficacité de politiques publiques qui sont aussi des politiques industrielles. Le numérique modifie l'acte créatif, les modes de diffusion des oeuvres, le processus de partage et de recommandation, de prescription, la protection des libertés publiques comme des libertés individuelles les plus précieuses. Il ouvre des voies nouvelles. Mais ce nouvel univers ne conduit pas nécessairement à renoncer aux mécanismes vertueux qui ont fait leur preuve et qui ont été mis en place au fil des années. Il faut donc aujourd'hui repenser ces outils. La rémunération juste des créateurs et le financement efficace de la création doivent toujours être assurés en même temps que la diffusion la plus large de oeuvres.

La dimension européenne de ce travail de refondation n’est pas la moindre. Je l'ai déjà évoquée. L'issue de ces discussions sera au cours de l’année 2013 et au delà.

Pierre Lescure travaille avec son équipe, en lien avec le ministère, pour me remettre ses conclusions et ses propositions fin mars. Ce travail intègre bien sûr les concertations engagées sur le livre ou sur la musique ; il s'articule aussi avec les assises pour la diversité du cinéma qui se sont tenues hier, à la Comédie Française, au théâtre éphémère, sous l'égide du CNC ou les discussions engagées par le ministère avec tous les membres de la commission de la copie privée. Les décisions seront prises sur cette base.

Enfin, dernier grand objectif de refondation que je veux évoquer aujourd'hui devant vous : celui des aides à la presse. Cela me permet de saluer la mémoire d'Olivier Chevrillon, qui est décédé ce matin, qui était l'un des fondateurs du Point et l'ex-président de L'Express. Je veux aussi saluer la mémoire de Gilles Le Blanc, qui s'occupait de ce dossier à mon cabinet. La concertation sur la refonte de ces aides s’ouvrira demain. J’en ai confié la conduite à un groupe de travail animé par Roch-Olivier Maistre. Au-delà de la démarche de médiation engagée à l'initiative du gouvernement entre les éditeurs de presse et Google - qui vise à reconnaître la valeur économique des contenus de presse -; au-delà de l'urgence qu'il y a eu en 2012 à définir, avec Presstalis et tous les partenaires concernés, un chemin pour permettre de préserver notre système de diffusion des journaux ; au-delà des enjeux que porte l’AFP et qui sont essentiels à la filière de la presse ; il est aujourd'hui indispensable de s'atteler à ce travail de fond et de définir pour demain l'outil de soutien qui assurera la préservation d'un secteur essentiel à la démocratie.

Faut-il rappeler que chaque année des journalistes meurent pour exercer leur métier et apporter au monde l'information libre et juste qui est l'un des fondements de la démocratie ? Lorsque l'on réfléchit aux aides à la presse, c'est dans cette perspective, sans angélisme mais avec conviction, qu'il faut se placer.

Si je m'attelle avec ténacité à la refondation des outils de la politique culturelle, c'est parce qu’ils servent une cause à laquelle je crois profondément.

C’est cette cause qui justifie le nouveau pacte que je veux dessiner. Un nouveau pacte rendu nécessaire faire renaître la place de l'art, de la culture dans la société française.

Cela vaut sur le plan économique. La France et l'Europe vivent une crise, qui est de prime abord une crise économique. Les industries culturelles concourent à l'emploi. Je répète souvent qu'il n'y aura pas de redressement productif sans redressement créatif. C'est évidemment encore plus vrai en France que partout ailleurs. C'est une réalité que l’on néglige trop souvent. Je veux une prise de conscience des atouts dont nous disposons , dont dispose la France face à la compétition mondiale.

Elle passe par des décisions stratégiques claires. Je pense par exemple à celles prises, en lien avec Arnaud Montebourg, pour défendre l’attractivité et la compétitivité de notre territoire dans le secteur de la production cinématographique, des tournages de films ou pour soutenir les éditeurs phonographiques les plus fragiles. En modernisant les crédits d’impôt qui en soutiennent le développement, nous avons fait le choix d’une prise en compte de la réalité économique du cinéma, dans un monde extrêmement concurrentiel.

C'est aussi à travers cette articulation entre culture et économie qu'il faut comprendre la place que j'accorde aux métiers de la culture et de la communication à la formation : il faut penser notre action en terme de filières - filière d'innovation, filière de création, filière de développement. Les écoles d'enseignement supérieur qui dépendent du ministère – les écoles d’art, les écoles d’architecture, de photographie, de cinéma - déploient une pédagogie construite sur le concept de projet : c'est une pédagogie très innovante, d'avenir, enthousiasmante pour les élèves et efficace. Je valorise ces écoles.

Parce qu'il y a, dans tous les métiers du patrimoine comme dans le design numérique, dans l’architecture comme dans les métiers d’art, des savoir-faire, de l'emploi, de la valeur ajoutée.

C’est ensuite dans une perspective territoriale qu’il faut redonner à l’art et à la culture toute sa place. J'ai évoqué le nouveau pacte que je veux signer avec les collectivités locales, dans l'exacte logique de l'acte 3 de la décentralisation qui sera bientôt débattu au Parlement.

Enfin – et c’est le sens que je donne à toutes les décisions que je prends – je veux que ce pacte nouveau soit proposé aux citoyens. Le ministère de la culture ne doit pas être un huis clos, un entre-soi chaleureux mais isolé. Je veillerai à rappeler à tout instant que ce que nous faisons ici, dans ce ministère, marque la vie quotidienne des gens. Ce n'est pas un luxe, ce n'est pas quelque chose dont on peut se passer en période de crise, ce n'est pas du superflu. « Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses » disait Aragon.

C'est à ce « toi » que je m'adresse. L’art a ce pouvoir de dire autre chose que ce qui est, d'apporter un autre regard, de révéler « la beauté des choses », dans un acte personnel, intime mais aussi dans un apprentissage de l’émancipation, auquel les acteurs publics ont le devoir de contribuer. L'art et la culture, et encore une fois j'y inclue les industries culturelles, apportent beaucoup à la vie en société. Je souhaite contribuer, par la politique culturelle, à une prise de conscience de ce bien commun. C’est une démarche de chaque instant. Mais c’est une démarche que je veux aussi incarner dans des actions exemplaires et symboliques.

C'est pour cette raison que j'ai souhaité inviter nos concitoyens les plus démunis à venir au musée, dans cette opération "musées populaires, musées solidaires" que je renouvellerai tout au long de l'année et qui aboutira à des conventions avec certaines associations de solidarité.

C'est aussi pour cette raison que je veux travailler avec tous les opérateurs de l’État à la diffusion la plus efficace de notre patrimoine et de nos productions.

Faire circuler les collections et les oeuvres partout. Et inventer aussi dans cette perspective un moment simple où, partout en France, dans un lieu public qui ne serait pas forcément le musée – une mairie, une préfecture –, tous nos concitoyens pourraient venir découvrir une oeuvre des collections publiques.

C’est pourquoi aussi, je veux proposer aux Français d'utiliser l'espace public numérique pour contribuer à faire découvrir notre patrimoine, le patrimoine des citoyens pour faire partager aussi leurs créations !

Si la politique culturelle doit se réinventer aujourd'hui, c'est pour jouer ce rôle de révélateur qu'elle a trop oublié : révéler ce qui est sous nos yeux - notre patrimoine, nos paysages, nos oeuvres et que nous ne regardons plus.

Révéler, c'est une autre manière d'inventer.

Le monde de la création fait une part importante de l'attractivité de la France, de son image, de la fierté de ses habitants sans jamais que cette fierté ne soit synonyme de nationalisme exacerbé. La politique culturelle a toujours eu en France cette dimension universelle. Des artistes, des créateurs et des peuples du monde entier et en particulier les pays où les conditions de la liberté de la presse ne sont pas assurées. La culture est aussi évidement une force économique, c'est une passion pour nos concitoyens, un instrument de redressement économique, de résistance aux fatalités et aux crises. Mais aussi nous devons l'assumer et le revendiquer avec fierté, la matière d’un progrès humain. La capacité d’apporter du mieux, et pourquoi pas du bonheur, dans notre vie quotidienne.

Le programme est donc chargé !

En 2013 je présenterai trois projets de loi : la loi sur les modalités de nomination des présidents de l'audiovisuel public et la réforme du CSA, la loi d’orientation sur la création et la loi pour le patrimoine.

Nous conclurons un avenant important au contrat d'objectifs et de moyens de France Télévisions.

Nous conduirons ou accompagnerons des négociations et des concertations essentielles : intermittents, aides à la presse.

Nous écrirons l’acte 2 de l’exception culturelle.

Nous mettrons en place le projet national d’éducation artistique et culturelle.

Je vais mobiliser tous les opérateurs culturels sur ces projets structurants et porteurs d’espoir et je voulais remercier tous les responsables des établissements publics du ministère de la Culture et de la Communication ainsi que de l'administration centrale participant à ce projet.

Le programme est chargé, parce que mon ambition est grande ! Je suis consciente d’une forme d'affaissement du « surmoi culturel ». Mais ce constat ne me conduit pas à renoncer. Au contraire ! L’artiste a toute sa place dans notre société, l'art et la culture occupent une place importante, la culture est un vecteur d’émancipation et le terrain d’une lutte très efficace, plus efficace qu'ailleurs, contre les inégalités. C’est une double motivation pour construire un projet politique !

L’art est la preuve que la vie ne suffit pas, disait Pavese.

Ce matin j’ai reçu l’écrivain chinois Liao Yiwu. Il témoignait de la force de résistance que lui avait donnée, pendant toutes les années d'emprisonnement, la littérature et le rêve de pouvoir un jour refaire de la musique. Aujourd'hui il vit en Europe, pas en France mais à Berlin, mais après tout peu importe.

Aujourd’hui nous avons célébré les 50 ans du traité de l’Élysée et je suis donc heureuse que Berlin comme Paris soient des lieux d'accueil pour tous ces artistes persécutés dans leur pays. Il est le symbole de la force indispensable de l’art et de la création, peut être même plus que l’oxygène que nous respirons.

Je vous souhaite donc, je nous souhaite, une grande année 2013 artistique et culturelle, une grande année citoyenne.

 

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