Culture is future »

08.06.2012

Article - Les hackers investissent eux aussi la culture

Après avoir développé une culture du logiciel libre, les hackers s’engagent à rendre la culture plus accessible en toute légalité. 

Ne pas confondre cracker et hacker

Dans l’underground des acteurs informatiques, il ne faut confondre le cracker (black hat), celui qui utilise ses compétences en vue d’actes malveillants ou de dégradations volontaires, souvent  à l’origine de virus qui pourrissent nos ordinateurs et les entreprises, avec  le hacker qui cherche  à rendre l’accès à l’informatique et aux logiciels plus facile pour le plus grand nombre. Si le hacker  réfléchit à la création de programmes, de logiciels ou d’applications libres à la disposition de tous (type Firefox, GNU/Linux,…), ainsi qu’à l’amélioration de la sécurité des réseaux informatiques, il défend aussi une éthique du partage gratuit.

Le hacker loyal (white hat) aime vivre en meute. Et donner rendez-vous à ses pairs : plusieurs événements hacker facilitent une plus grande émulation intellectuelle et informatique. Las Vegas, par exemple, accueille la DEFCON, durant laquelle plusieurs milliers de personnes échangent des programmes et participent à des discussions sur le développement informatique.

Le « culture hack » ; une façon collective de rendre la culture plus accessible

Aujourd’hui, la culture est devenue une cible du hacking. Le « software hacking » (développement de logiciels libres) laisse la place au « culture hacking », avec pour but, de faciliter l’accès à la culture autant pour leur plaisir personnel, que pour celui de tous, grâce à l’outil informatique. Ces « culture hacks » travaillent en étroite collaboration avec des organisations comme Google, pour faire aboutir en 36 à 48 heures des projets innovants relatifs à la culture.

Le premier de ces culture hacks a eu lieu à Londres, en janvier 2011, réunissant plus de 70 développeurs et plus de 100 personnes d’organisations culturelles, et grandes institutions, puisque les données  utilisées provenaient de la BBC, du National Maritime Museum, du Welsh National Opera et du UK film Council. Son but était de mettre au point des produits culturels/numériques passionnants. Depuis, d’autres culture hack se sont déroulés à Leeds (novembre 2011), Glasgow (avril 2012), à Edinbourg (mai 2012), et tout récemment en juin à Cambridge.

Les culture hacks cherchent l’innovation tout azimut

Dans la musique, par exemple. L’Institut culturel Google, Joshfire, l’UNESCO et The International Jazz Day ont mis en place en avril 2012 le « Music Hack Paris », un véritable « hackaton musical » ; pendant trois jours et deux nuits, par petits groupes, des développeurs, des musiciens, des chercheurs, des designers, et d’autres créatifs ont travaillé sur des projets pour révolutionner la musique. Les meilleurs d’entre eux ont été sélectionnés et présentés à l’UNESCO, lors de la Journée Mondiale du Jazz à Paris, le 27 du même mois.

Des résultats plutôt encourageants

Les applications facilitent ou touchent toutes les consommations culturelles ; par exemple,  Funny loops permet de créer collectivement des samples de musique entre amis, samples qui peuvent être contrôlées et enrichies de  plusieurs ordinateurs. Autre exemple, cet instrument qui permet une nouvelle façon d’ordonner les notes dans l’espace, méthode facile à maîtriser, selon son inventeur, le groupe Dualo. Kathleen A. Kavelec, chef de mission pour l’UNESCO, indique que ce sont des nouveautés qui serviront à la diffusion du jazz.  Dans le domaine artistique, une autre application propose au détenteur d’un portable de savoir ce qui se trouve à l’intérieur d’un musée quand il passe à coté. Son auteur, Chris Thorpe pense ainsi avoir trouvé la solution pour les personnes qui hésitent à aller au musée, craignant de ne pas disposer d’un bagage culturel suffisant. En simplifiant l’information, et facilitant la connaissance des accrochages des musées, il pense ainsi convaincre les plus récalcitrants.

« Ces culture hack, en rassemblant des acteurs clefs des sphères numériques et créatives, assurent, selon Steve Crossan, directeur de l’Institut culturel Google, des possibilités d’expérimentations à peu de risques et l’émergence de nouveaux types de liens professionnels. »  

 

Sources :

http://dualo.org/2012/04/music-hack-paris-unesco-international-jazz-day-156 

http://www.musichackparis.org/

http://culturehackday.org.uk/

http://culturehackday.org.uk/previous-hacks/culture-hack-east-2012/ 

http://culturehackday.org.uk/previous-hacks/culture-hack-london-2011/

http://www.welcometosync.com/hacks/2011/

http://culturehacknorth.co.uk/

http://www.welcometosync.com/hack/

http://computer.howstuffworks.com/hacker2.htm 

http://www.catb.org/~esr/faqs/hacker-howto.html

http://newtechusa.net/agile/culture-hacking/

Enquête du forum d’Avignon, Les raisons d’espérer