Débats 2011 : quatre débats, quatre études.
Ce mois-ci, « la propriété intellectuelle, une valeur universelle ».
Préparez les débats et découvrez les interviews exclusives
Avec en exclusivité pour la quatrième édition du Forum :
- Etude 2011 : la propriété intellectuelle, une valeur universelle
- Les interviews : Françoise Benhamou, économiste et professeur à l’université Paris 13, Lorena Boix Alonso, Chef de cabinet adjoint de Neelie Kroes, Olivier Bomsel,
économiste, professeur d’économie industrielle à MINES ParisTech et
directeur de la chaire ParisTech d’économie des médias et des marques, Nicolas Dussart, Directeur Général Délégué, Théâtre Marigny, Laurence Franceschini, Directeur général des médias et des industries culturelles, Ministère de la Culture et de la Communication, Pierre-Yves Gautier, professeur de droit, Bernard Miyet, Président du directoire, SACEM et Thaima Samman, avocate.
Présentation de l’étude 2011 : la propriété intellectuelle, une valeur universelle
Pourquoi la Propriété Intellectuelle est-elle une valeur universelle ?
Comment promouvoir la propriété intellectuelle dans la décennie à
venir, par delà les engagements de principe, pour servir quels
objectifs ? A qui les artistes, les inventeurs confieront-t-ils la
gestion de leurs droits dans les années à venir ? Les différentes
parties prenantes peuvent-elles s’accorder sur une nouvelle répartition
de la valeur ? A quelles conditions la protection de la propriété
intellectuelle favorise-t-elle l’innovation ?
L’étude Ernst & Young réalisée en exclusivité pour le Forum d’Avignon 2011 a non seulement une vocation pédagogique et mais tente également d’apporter des éclairages sur ces questions.
Objectifs de l’étude
1. Présenter un comparatif international des enjeux de la propriété intellectuelle
dans les pays du G20, en particulier pour la propriété littéraire et
artistique. L’étude recense les lois et réglementations en matière de
droit d’auteur et présente les convergences et divergences entre les
différents pays. On constate que le cadre législatif est largement
accepté, sous l’impulsion de l’OMC et de l’OMPI. C’est plutôt la
manière d’appliquer les lois qui diverge, selon les choix faits par les
pays, mais également selon leur niveau de développement économique et
technologique.
Nota Bene : ce comparatif sera complété par la mise à disposition de
fiches pays réalisées par les bureaux d’Ernst & Young à travers le
monde entier : Allemagne, Arabie Saoudite, Australie, Brésil, , Canada,
Chine, Corée du Sud, Etats-Unis d’Amérique, France, Inde, Italie,
Japon, Mexique, Royaume-Uni, Russie, Turquie.
2. Soutenir les auteurs, protéger les investisseurs et favoriser l’innovation.
La propriété intellectuelle recouvre plusieurs droits, parmi lesquels
le droit d’auteur, les droits voisins, le droit moral, les brevets, les
marques. Elle a donc plusieurs objectifs selon les différents droits :
protéger l’investissement et inciter à investir, favoriser
l’application des technologies, garantir l’intégrité d’une œuvre,
permettre aux créateurs de vivre de leur travail, permettre au plus
grand nombre de disposer d’une vraie diversité de la création, stimuler
la R&D et l’innovation. En se croisant, ces différents objectifs
soulèvent des questions, de plus en plus nombreuses avec le
développement du numérique : la protection de l’intégrité de l’œuvre
doit-elle être aménagée pour rendre possible la mise à disposition et
l’exploitation de certains fragments de l’œuvre ? L’effectivité de la
protection des droits de propriété intellectuelle soutient-elle
l’innovation ? Les marques et le copyright vont-ils se rapprocher ?
3. Appréhender les enjeux techniques et contractuels, le rôle des différents acteurs.
Aux questions soulevées par le rapprochement des différents droits de
propriété intellectuelle, ainsi de la propriété littéraire et
artistique et du droit des brevets, se superposent celles liées à
l’évolution des techniques et au comportement des acteurs. Ces derniers
peuvent-ils imaginer de nouvelles formes de collaboration pour garantir
tout à la fois le respect de la propriété intellectuelle et la
créativité inhérente au partage et à l’accessibilité des contenus ?
Comment le développement des offres de cloud computing va-t-il
redéfinir la gestion des droits de propriété intellectuelle ? Quelle
problématique de sécurité cela posera t-il ? Des solutions
contractuelles comme les Creative Commons, qui autorisent le partage et
offrent des pistes de protection dont certaines sont compatibles avec
le droit moral sans entrer dans des processus industriels lourds,
sont-elles un complément réaliste aux lois sur le copyright ? Comment
gérer l’augmentation des flux, les attentes grandissantes des publics
pour un accès universel sans repenser les offres?
Méthodologie / Périmètre :
L’étude sera conduite par International Media & Entertainment
Network, avec l’aide d’Ernst & Young Continental Europe Law network
et le centre Ernst & Young Knowledge. Le travail de recherche sera
complété par des interviews d’artistes, de juristes, d’économistes, de
politiques et de représentants d’entreprises.
Les centres E&Y Global Technology et Telecom participeront aussi en
donnant leur point de vue sur l’impact des nouvelles formes
d’hébergements, de stockage et de partage des contenus.
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Les interviews
Le
Forum d’Avignon, en partenariat avec Ernst & Young, a mené des
entretiens afin d’enrichir l’étude "La propriété intellectuelle, une
valeur universelle" qui paraîtra en Novembre 2011.
Le droit d’auteur du point de vue économique par Françoise Benhamou
Françoise
BENHAMOU est économiste et professeur à l’université Paris 13. Elle
enseigne aussi dans de nombreuses universités étrangères, et à Sciences
Po. Elle a notamment publié Droit d'auteur et copyright avec Joëlle
Farchy.
Les économistes voient le droit d’auteur comme
l’introduction d’un monopole sur la commercialisation d’une l’œuvre, au
profit du financeur ou de l’auteur, qui a pour effet de limiter la
diffusion de l’œuvre mais qui permet d’inciter à la création grâce à la
possibilité de rémunérer son auteur et son financeur. Le droit d’auteur
crée une tension entre d’une part ce monopole, destiné à assurer
un « retour sur investissement » pour le financeur/auteur de l’œuvre,
et d’autre part la possibilité de diffusion de l’œuvre - d’où la
limitation de la durée du droit d’auteur afin de favoriser, après un
éventuel amortissement, la diffusion des œuvres. A cet égard, à l’heure
d’Internet, la durée actuelle de protection (vie de l’auteur plus
70 ans après sa mort) semble une éternité.
L’histoire du droit d’auteur montre que cette durée n’a cessé de
s’allonger. La question centrale est alors : quelle est la durée
optimale du droit d’auteur ? D’un point de vue économique, il n’y a
aucun argument fort pour l’allonger – à l’occasion du Sonny Bono Act,
aux Etats-Unis, qui prolongeait la période de protection, un mémoire
signé par un panel d’économistes parmi lesquels plusieurs prix Nobel,
réfuta l’utilité d’un allongement de cette durée en montrant qu’il
n’aurait pas d’effet incitatif additionnel (en 1998, le Congrès
vote sous ce nom la loi sur l'allongement de la durée du copyright, qui
permet aux œuvres d'être protégées jusqu'à soixante-dix ans après la
mort de leur auteur et jusqu'à quatre-vingt-quinze ans après la
première publication ou édition, lorsque le détenteur des droits est
une personne morale).
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Tendance et enjeux de la Propriété Intellectuelle par Lorena Boix Alonso
Lorena Boix Alonso est Directeur de Cabinet adjoint de Neelie Kroes.
Y
a-t-il un parallèle entre le développement des services Internet dans
un pays et la régulation de la protection de la propriété
intellectuelle ?
Le trafic en
temps réel de vidéos continue d’augmenter constamment et représente
aujourd’hui en Amérique du Nord et en Europe le plus grand pourcentage
du trafic Internet dans les réseaux fixes. Juste après vient le
P2P. Concernant les tendances, des études annoncent que, d’ici
2012, la vidéo sur Internet représentera plus de 50% du trafic des
internautes. En 2015, un million de minutes de vidéo traversera
le réseau à chaque seconde.
Ces services nécessitent, pour fonctionner, du contenu qui est souvent
protégé par le droit d’auteur. Il est donc évident que la manière dont
le droit d’auteur est régulé, en termes de licence et d’application de
la loi, a une influence sur la disponibilité des services Internet. Un
système de droit d’auteur qui rend l’acquisition de licences onéreuse
augmentera le coût pour fournir un service et diminuera les avantages
pour les fournisseurs d’offrir un contenu légal. D’un autre côté, un
système de droit d’auteur qui n’est pas suffisamment protecteur va
diminuer la confiance des ayant droits sur Internet et les dissuader de
fournir des licences. C’est pourquoi, dans le but d’encourager
les services de contenus légaux, il est nécessaire d’agir sur les deux
fronts. D’un côté, il est nécessaire de s’assurer que le cadre légal
permet aux fournisseurs de contenus d’obtenir des licences aussi
simplement que possible. D’un autre côté, le droit d’auteur doit être
sérieusement appliqué pour donner confiance aux ayant droits.
C'est pourquoi ces deux angles doivent être abordés ensemble. En effet,
n’oublions pas que l'objectif de toute mesure est de protéger ce qui
est légal.
Autres questions posées à Lorena Boix Alonso :
L’application des droits de propriété intellectuelle est-elle moins
efficace sur Internet que l’application des infractions criminelles
(racisme, antisémitisme, etc.)? Y a-t-il un manque de conscience
ou de volonté politique ? Pensez-vous que nous ayons besoin de
nouvelles règles pour organiser les liens entre les fournisseurs de TIC
et les ayant droits afin d’améliorer la protection des droits de
propriété intellectuelle ? Une politique publique peut-elle renforcer
la protection de la propriété intellectuelle en créant une forte
volonté d’action de la part des gouvernements et tribunaux ? Quels
changements suggérez-vous pour le droit d’auteur en Europe,
particulièrement concernant le problème de la copie privée qui est une
notion dépassée à l’ère numérique ? Que pensez-vous des tendances de
régulation dans ce domaine ? Comment la régulation ou d’autres
éléments pourraient-ils contribuer à satisfaire et le souhait des
internautes/citoyens d’un accès aux contenus peu cher ou gratuit et
celui des ayants droits d’une juste rémunération ? Quelles sont les
prochaines étapes pour améliorer la préservation culturelle dans le
domaine numérique et physique ?
© Union européenne, 2008 - 2011
Le contenu de cette interview ne reflète pas l'avis ou la position de
la Commission européenne. La responsabilité des informations et des
vues énoncées repose entièrement sur l'auteur. La reproduction est
autorisée, moyennant mention de la source.
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La propriété intellectuelle, une notion récente par Olivier Bomsel

Olivier
BOMSEL est économiste, professeur d’économie industrielle à MINES
ParisTech et directeur de la chaire ParisTech d’économie des médias et
des marques.
Il
faut rappeler tout d’abord que bien souvent l’économie vient après le droit. Le
droit répond de manière concrète et pragmatique à des impératifs temporels et
politiques. L’économie, elle, observe le fonctionnement des institutions, donc
part du droit positif, et essaye de l’interpréter pour analyser ce qu’il
autorise en termes d’organisation de la société (lecture des institutions
juridiques et économiques de propriété). Le droit de propriété, notamment,
apparaît comme une institution qui permet la coordination de la société.Si
la propriété est une notion ancienne, elle a commencé à être interprétée par
les économistes, à partir des années 1960, comme institution structurante
(Demsetz, Coase). Quant à la catégorie de propriété intellectuelle, elle était
impensable dans la première partie du 20e siècle : Schumpeter par exemple
ne fait jamais référence à la notion de propriété intellectuelle alors même
qu’il fait de l’innovation le moteur du capitalisme. La propriété
intellectuelle est une catégorie nouvelle qui apparait dans les années 80 et
s’inspire, dans sa conception, des théories de la propriété des années 60
développées par l’école de Chicago. La propriété intellectuelle désigne alors
l’exclusivité de l’usage d’information et son exploitation commerciale. Elle
vient chapeauter trois types d’institutions du droit qui protégeaient
jusqu’ici la création et l’innovation : le copyright, le droit des marques et
le brevet.
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Le théâtre de Marigny par Nicolas Dussart
Nicolas Dussart est Directeur Général délégué du Théâtre Marigny.
Pouvez-vous décrire votre métier et en quoi les questions liées à la propriété intellectuelle influent sur votre organisation ?
Aux côtés de son Directeur Pierre Lescure, nous avons engagé depuis
plusieurs mois le Théâtre Marigny, dans une politique ouverte et
ambitieuse. Qualité de la programmation, diversité des formats, des
genres, des événements, circulation des publics, modernité des
installations font de ce lieu historique une nouvelle plateforme
d’échanges, de création, d’émotions à la pointe de l’innovation
culturelle.
Avec les nouvelles pratiques et attentes culturelles liées au
développement des technologies, les enjeux de la question de la
propriété intellectuelle sont devenus primordiaux. On pourrait croire
de prime abord que les contraintes de la représentation, d’une
temporalité « éphémère », de la présence nécessairement « vivante » des
acteurs préservent l’espace scénique du débat contemporain sur les
droits d’auteurs. Au contraire, le théâtre doit plus que jamais
s’adapter aux nouveaux modes de consommation culturelle. Qu’est-ce
qu’une salle de spectacle à l’heure du net ? Le Théâtre Marigny a
délibérément choisi le futur : captation et retransmission, éditions et
applications smart phone, « channel » numérique d’échange avec les
artistes, le public… Ces innovations nécessitent bien sûr une
adaptation et une attention toute particulière aux mécanismes de
propriété intellectuelle.
Autres questions posées à Nicolas Dussart :
Quels sont pour vous les 2-3-4 enjeux actuels de la propriété
intellectuelle? Quels liens unissent les artistes et les marques
ou les institutions et les marques ou les créateurs et les marques?
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La propriété intellectuelle à l'agenda international par Laurence FRANCESCHINI
Laurence Franceschini est directeur général des médias et des
industries culturelles du Ministère de la Culture et de la
Communication et membre du Conseil d'Administration du Forum d'Avignon.
Quels
sont, selon vous, les -deux-trois-quatre- enjeux majeurs liés à la
propriété intellectuelle Quelles sont les actions entreprises ?
La
propriété intellectuelle est l'un des sujets centraux du Sommet
culturel que présidera Frédéric Mitterrand les 17 et 18 novembre
prochains à Avignon. Ce sommet a été souhaité par le Président de la
République en marge du Sommet du G8, à l'issue duquel les chefs d’État
et de Gouvernement des pays ont unanimement souligné l'importance et
l'actualité des principes fondamentaux du droit d'auteur à l'ère
d'Internet et du numérique.
A l'occasion de ce Sommet culturel, le ministère de la Culture et de la
Communication rendra publique une étude exposant plusieurs enjeux
majeurs de la rémunération de la création à l'ère numérique – car le
numérique ne change pas seulement les moyens de diffusion de la
culture, il fait aussi évoluer la propriété intellectuelle à la source
en devenant un nouveau levier pour la création et en offrant des
possibilités nouvelles pour la gestion des droits.
Autres questions posées à Laurence Franceschini :
Quels sont les pays dans lesquels vous observez des évolutions
(initiatives publiques ou privées, projets de loi, règlements,
jurisprudences, …) qui pourraient inspirer la France ? A l’inverse,
quelles sont les initiatives françaises qui suscitent l’intérêt
d’autres pays ? Et comment sont-elles prises en compte par ces pays
?
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Les enjeux de l'application de la loi par Pierre-Yves Gautier, professeur de droit
 Pierre-Yves
Gautier explique que le problème principal pour la protection de la
propriété intellectuelle est l’évolution de la loi. Le droit d’auteur,
qui décrit ce qu’est la propriété immatérielle dans le champ créatif,
existe depuis longtemps. La loi actuelle doit être appliquée, ce qui
n’est pas réellement le cas dans tous les pays.
Pierre-Yves Gautier considère que le développement d’Internet a pour
conséquence une limitation de la propriété intellectuelle : les
consommateurs se comportent différemment et ils veulent des œuvres
gratuites ou le moins cher possible. De plus, les innovations
technologiques encouragent cette tendance en facilitant un accès
gratuit. Les revenus sont ainsi canalisés par les éditeurs de contenu
et non les auteurs, une situation qui ne peut durer sur le long terme.
La loi actuelle de protection de propriété intellectuelle est alors
inefficace, car il n’y a pas d’application des peines. Par exemple, le
film Joyeux Noel était disponible sur DailyMotion sans autorisation.
Après une notification à DailyMotion, le film était toujours
disponible. En février 2011, la Cour d’Appel de Paris a décidé que
DailyMotion n’était pas coupable, se référant à la loi de commerce
numérique (LCEN) et non à la loi de propriété intellectuelle. Dans ce
cas, un procès est trop couteux pour les auteurs et leurs producteurs
car ils ne savent pas s’ils vont gagner. Il y a un paradoxe entre la
loi de propriété intellectuelle et les autres lois, particulièrement le
commerce numérique. Ce paradoxe s’appuie sur la volonté du gouvernement
d’encourager le développement de l’économie numérique, la diffusion de
la culture au lieu de garantir l’efficacité de leurs droits aux
ayant-droits. De plus, il est très difficile d’avoir une décision
efficace dans d’autres pays.
Si de nouvelles règles doivent être imaginées, nous allons avoir besoin
d’une cadre mondial pour un accord entre les éditeurs de contenu et les
ayant-droits pour organiser le partage des revenus et la protection de
la propriété intellectuelle. La réponse technologique, avec GDN
(gestion des droits numériques), sera alors inefficace, même si la GDN
est utile pour gérer les droits.
Une autre possibilité est de développer l’éducation à propos de la
propriété intellectuelle et de son besoin de protection pour maintenant
la création. Mais l’éducation a ses limites et la possibilité d’un
accès gratuit continuera à satisfaire les internautes, même s’ils
pénalisent les ayants droits. Le « clic » peut être une preuve de
consommation pour gérer le payement et redonner aux auteurs un revenu
décent.
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Comment appliquer le droit d’auteur dans l’environnement numérique ? par Bernard Miyet
Bernard
Miyet est président du Directoire de la SACEM. Il a été interviewé par
le Forum pour son analyse des enjeux soulevés par l’économie numérique
et les récentes évolutions techniques pour la protection des œuvres
créatives.
Considérations politiques et juridiques
D’après M. Miyet, il a été et cela reste très difficile de trouver une
solution satisfaisante au problème de l’application du droit d’auteur
dans le monde numérique.
Pour expliquer ce point, M. Miyet fait remarquer que pour la première
fois dans l’histoire des usagers tels les compagnies de télécoms et les
fournisseurs d’accès Internet (FAI) tirent parti des créations de
propriété intellectuelle par les effets économiques indirects de
l’exploitation de ces créations, sans être obligés de rémunérer les
ayant-droit en retour. Il est aussi en désaccord avec la
déclaration de l’ancien PDG de France Telecom Didier Lombard disant que
les compagnies de télécom devraient considérées comme les héritiers des
services postaux qui n’ont pas accès au contenu qu’ils délivrent (un
facteur n’ouvre pas l’enveloppe.)
Pour M. Miyet, ce ne peut pas être un argument valide tant que les
compagnies de télécom et les FAI sont capable de déterminer à quel
contenu (musique ou vidéos) ils offrent accès et prendre profit de
ceux-ci. La solution serait de réexaminer le problème de la
responsabilité financière et légal de tels fournisseurs de contenus.
M. Miyet signale également que le but suivi par la SACEM n’est pas
d’empêcher la diffusion des œuvres créatives mais au contraire de la
promouvoir efficacement, pour l’ intérêt des auteurs et par
conséquences de la création en général. C’est la raison pour laquelle
d’après M. Miyet, il est nécessaire de trouver un moyen pour faire
prendre conscience aux compagnies de télécom et aux FAI de leur
responsabilité dans un contexte ou la vente de support de média tels
que le CD ou le DVD ont perdu 50% en 4 ans.
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Le droit d’auteur X.0 par Thaima Samman, avocate
Quoi de – vraiment - neuf dans le droit d’auteur ?
Sans faire l’exégèse des relations intimes entre technique et droits
des auteurs depuis l’essor de l’imprimerie au XVe siècle qui a marqué
les débuts de la publication à grande échelle et rendu nécessaire une
protection des droits des auteurs, les interrogations afférentes
semblent s’amplifier à mesure que les œuvres de l’esprit se propagent
sur Internet. Le lien intrinsèque entre technologie et droit d’auteur
appelle ce dernier à s’adapter et à relever les défis que la première
lui impose. Le sujet n’est, en effet, pas nouveau : le jeune Mozart
alors âgé de 14 ans, lors d’une audition du Miserere d’Allegri, œuvre
jalousement gardée par l’Eglise et qui ne devait être jouée qu’à
l’intérieur de la Chapelle Sixtine pour de rares occasions, réussit à
retranscrire sur partition les neuf voix du Miserere, permettant ainsi
sa circulation de par le monde et in fine la levée de l’interdiction
papale quelques années plus tard. Parfois considéré comme un pirate
avant l’heure, Mozart avait eu raison de l’exclusivité que revendiquait
l’Eglise sur cette œuvre. Un tel génie demeurant peu répandu, c’est la
technologie qui pose les plus grands challenges au droit
d’auteurs d’aujourd’hui.
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CULTURE IS FUTURE !
DEBAT 2011 – Propriété Intellectuelle - Apple, un brevet pour empêcher de filmer les concerts
 Apple
a déposé en juin un brevet pour une nouvelle génération de caméra pour
appareils mobiles, une technologie qui permettrait d’empêcher les
utilisateurs de filmer des concerts. Le système pourrait servir
aux industries musicale et cinématographique pour faire respecter les
interdictions d’enregistrement durant les spectacles et dans les salles
de cinéma. Le système consiste en un capteur infrarouge invisible dans
les appareils mobiles avec une caméra intégrée - téléphones,
appareils photos ou caméras.
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Qui est la société des auteurs audiovisuels ?
 La
société des auteurs audiovisuels représente 25 sociétés européennes de
gestion collective des auteurs audiovisuels, c'est-à-dire plus de 118
000 auteurs et réalisateurs dans 17 pays. Elle a publié en février un
livre blanc sur les droits et la rémunération des auteurs audiovisuels
en Europe, cité depuis par la Commission européenne ou l’Organisation
Mondiale de la Propriété Intellectuelle et l’UNESCO.
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DEBAT 2011 - Propriété intellectuelle - Les artistes reprennent leurs droits
Nouveau défi pour l’industrie musicale : grâce à une clause de leur
contrat, des artistes pourraient devenir propriétaires des leurs
anciens enregistrements.En effet, le copyright, révisé en 1976 aux
Etats Unis, précise que les artistes peuvent, en invoquant le droit de
résiliation, réclamer la propriété de leurs enregistrements.
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DEBAT 2011 - Propriété intellectuelle - La rispote graduée en GB, USA et Nouvelle Zélande
Suite
à la publication des conclusions du rapport Hargreaves , le
gouvernement britannique a depuis précisé sa position. Tout
d’abord, la copie de CD et de DVD au format numérique, pour utilisation
privée, va être autorisée sans s’accompagner de compensation pour les
producteurs de contenus. Dans de nombreux pays, en France, Espagne et
Allemagne notamment, les supports permettant la copie privée font
l’objet d’une taxe, une part du prix étant reversée aux sociétés de
gestion collective.
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Toujours plus loin - Propriété Intellectuelle et Croissance : nouvelle approche du copyright en Grande Bretagne
 Le
18 mai dernier, Ian Hagreaves, titulaire de la chaire d’économie
numérique à l’Ecole de journalisme de Cardiff, a rendu publique son
étude « Digital opportunity, a review of Intellectual Property and
Growth » commanditée par David Cameron. Heargreaves y expose de façon
claire les déficiences du système actuel et propose de nouvelles
mesures pour une propriété intellectuelle efficace qui protège et
permette la création.
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Toujours plus loin - Propriété Intellectuelle : la loi PIPA
 Approuvé
le mois dernier, le texte de loi PIPA (Protect IP Act - Preventing Real
Online Threats to Economic Creativity and Theft of Intellectual
Property Act of 2011.), aussi connu comme United States Senate Bill
S.968, a pour ambition de lutter contre les sites « pirates » qui
fournissent illégalement l’accès à des œuvres protégées, en refusant
l’accès et la connexion à ces sites, particulièrement ceux inscrits en
dehors des Etats Unis et en donnant des pouvoirs inédits de répression
au ministère fédéral.
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Toujours plus loin - Allemagne et droit d’auteur, vers une nouvelle loi ?
 En
mai dernier, Bernd Neumann, ministre d’état auprès du chancelier
fédéral pour la culture et les médias, a annoncé lors d’une
conférence de presse une réforme des lois du droit d’auteur. Il a
signalé que cela se ferait en faveur des auteurs et des créateurs et
non des utilisateurs. Il se pose ainsi en opposition au projet
équivalent à la licence globale proposant un impôt forfaitaire
pour la culture qui avait été avancé par les verts il y a peu, puis
rejeté.
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DEBAT 2011 – Propriété Intellectuelle - Accord entre Baidu et les Majors
 Mettant
fin à un long bras de fer judiciaire, Baidu, le moteur de recherche
chinois contrôlant 76% du marché national, a signé un accord le 19
juillet avec trois majors de l’industrie musicale : Universal Music,
Warner Music et Sony Music, Universal Music, Warner Music et Sony
Music, réunies dans le joint venture One-Stop. Le partenariat a pour
objectif de lutter contre le piratage en permettant à Baidu de proposer
une offre légale depuis son site.
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Toujours plus loin – Un nouveau chapitre pour Google et les éditeurs français
 L’éditeur
Hachette Livre et Google ont communiqué le 28 juillet 2011 les
conditions de leur accord pour la numérisation d’œuvres commercialement
indisponibles. Seraient concernés près de 50 000 ouvrages épuisés dont
les droits sont détenus par le groupe d’édition français. Trois
principes guident cet accord afin de respecter les droits des auteurs
et des éditeurs. Arnaud Nourry, PDG de Hachette Livres témoigne « c’est
un cadre permettant de repartir sur de nouvelles bases, équitables,
équilibrées et respectueuses de nos droits et de nos auteurs ».
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Toujours plus loin - La British Library ouvre ses portes à Google : deux siècles de documents prochainement numérisés
 40
millions de pages d'une des plus grandes collections au monde
d'ouvrages, pamphlets et revues sera bientôt disponible sur Internet.
En effet, la British Library, la bibliothèque nationale britannique, a
annoncé le 20 juin dernier un programme de numérisation de 250 000
livres dans le cadre d'un accord avec Google Books.
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Toujours plus loin - BnF cherche Partenaire pour numérisation
 La
Bibliothèque Nationale de France (BnF) et le Ministère de la culture
ont lancé mercredi dernier un appel à partenariat privé pour la
numérisation et la valorisation des collections de la BnF dans le cadre
des « investissements d’avenir » (Grand Emprunt). La BnF poursuit
ainsi son programme, engagé depuis une dizaine d’année et fort d’un
million et demi de documents numérisés - notamment depuis l’accord
signé avec Frédéric Mitterrand, ministre de culture et de la
communication pour la numérisation de 500 000 livres introuvables en
librairies.
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Toujours plus loin - Adoptez un e-book, sauvez un manuscrit
 En Inde, la libraire en ligne BookGanga
s’attaque à la numérisation d’anciens manuscrits en faisant appel au
grand public grâce à de petits investissements. L’initiative, appelée «
adopte un e-book » et soucieuse de la conservation et préservation du
patrimoine littéraire indien, vient d’être lancée.
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Toujours
plus loin - The social Netbook : Livre augmenté recherche réseau social
 Alors
que Facebook proposait déjà de créer votre « bibliothèque visuelle »
pour lister et recommander à vos amis tous les livres que vous
aviez lus, les réseaux sociaux spécialisés dans les livres se
multiplient. En France, Babelio
existe depuis 2007, proposant des extraits de bande dessinée, des
critiques, des citations, des classements de popularité par catégories,
etc. et permettant à chacun de partager ses lectures. Leur volonté :
propager le bouche à oreille.
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Toujours
plus loin - L’avenir de la culture numérique est dans le droit d’auteur
 Les
technologies du numérique et de l’Internet questionnent l’effectivité
du droit de propriété intellectuelle. Par la promesse à un accès
universel à la culture (une démocratisation de la connaissance et la
reproduction instantanée des œuvres culturelles à un moindre coût), le
numérique peut conduire en même temps à un processus de destruction des
œuvres de création, et donc à un ébranlement des modèles économiques
des industries culturelles.
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Toujours plus loin - Orbooks réinvente l'édition avec un modèle économique innovant
 Refusant
les codes traditionnels de l’édition, les éditeurs de « orbooks » ont
mis en place un modèle innovant au centre duquel trône le lecteur.
Préférant la sélection d’ouvrages (nouveautés et auteurs établis) à la
distribution massive, ceux-ci ont avant tout misé sur le design, la
qualité et une promotion originale de leurs publications (Internet,
vidéos, articles…).
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Toujours plus loin - Les secteurs culturels et créatifs en Chine et Union Européenne
 Une
étude KEA élaborée pour la Commission européenne a pour objectif de
proposer un document de travail référençant les secteurs culturels et
créatifs de l’Union Européenne et de la Chine dans le cadre du projet
“UE-Chine pour la protection de la propriété intellectuelle » (IPR2).
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Le saviez-vous ? Le piratage du livre numérique coûte 3$ milliards aux éditeurs américains
 Quelles
pertes le piratage engendre-t-il réellement pour l’industrie du Livre ?
Comment les grands acteurs du marché, tels que les maisons d’éditions,
peuvent-ils réagir à ce phénomène ? Cet article, publié en mars 2010,
confronte la réalité du piratage à ses effets réels sur les industries
du livre, présentant notamment des chiffres relatifs au coût du
piratage pour les maisons d’édition américaines.
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Le saviez-vous ? 65% des internautes américains ont payé pour du contenu en ligne.
 Le
centre de recherche américain Pew a récemment publié en décembre 2010
une étude concernant les habitudes de consommation des américains sur
internet. On peut ainsi apprendre que 65% des internautes ont payé pour
télécharger ou accéder en ligne à des contenus culturels. On peut
également y apprendre que plus de 40% des internautes dépensent entre
1$ et 10$ par mois pour accéder à des contenus en ligne.
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Le saviez-vous ? 50% des internautes ont téléchargé une musique sans la payer ces trois derniers mois
 Le
MIDEM a publié avec l'institut Nielsen, en décembre 2010, une étude
concernant les habitudes de consommation des internautes vis à vis de
la musique. Selon l'enquête réalisée en septembre 2010, plus de 50% des
internautes ont téléchargé une musique sans la payer ces trois derniers
mois (pas forcément illégalement).
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Entretien avec Pierre-Yves Gautier
 L’inopposabilité
aux auteurs français d’une transaction collective américaine (arrêt de
la Cour de New York, « Google Books »). Le syndicat des auteurs et
l’association des éditeurs améri- cains, la Authors Guild and
Association Publishers, ont déposé en 2005 une plainte en nom
collectif, une « class action », contre Google Inc., société américaine
ayant son siège social en Californie.
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Le saviez-vous ? Streaming et téléchargement, les chiffres de consommation en ligne
 Selon
le baromètre REC de l’institut GFK à propos des usages numériques des
Français (une enquête réalisée auprès de 1000 internautes français âgés
de 15 à 65 ans), la musique en streaming, « c'est-à-dire écoutée via
Internet en continu sans avoir à télécharger les morceaux » représente
désormais plus de 51% des écoutes sur le Web, dépassant ainsi le
téléchargement qui représente 49%.
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2010LAB.TV
Pour sa quatrième édition, le Forum d’Avignon renouvelle son partenariat avec le 2010LAB.tv.
Retrouvez les très belles vidéos du 2010LAB.tv pour l’édition 2010 du
Forum d’Avignon : sur le thème de la « culture et développement urbain
» interview de Philippe Augier (maire de Deauville), interview de
Didier Fusillier (directeur de Lille 2004 et de MAC Créteil) ; sur le
thème de la « numérisation du cinéma», une interview de Ignasi Guardans
(ancien directeur de l’Institut du Cinéma et des Arts Audiovisuels,
Espagne) concernant les défis et opportunités en Europe, une
interview de Mahesh Bhatt (auteur, réalisateur et producteur,
Vishesh Film) concernant l’inde, et les propos recueillis de Philippe
Reynaert ; interview de Allen j. Scott à propos de l’émergence
d’un « capitalisme cognitif et culturel » ; interview de Arjun
Appadurai, (anthropologiste de la mondialisation) sur « culture,
économie et société » ; entretien avec Ineum consulting, devenu Kurt Salmon autour de
l’étude « quelles stratégies pour l’emploi et le développement des
territoires » et les paroles recueillies lors de l’ensemble de la
manifestation.
Créé à l’initiative de l’institut ECCE (European Centre for Creative
Economy), 2010LAB.tv, est une web TV diffusée uniquement sur Internet.
Grâce à ses vidéos et à son blog (décliné suivant les thèmes de l’art,
l’économie ou encore l’éducation), 2010LAB.tv permet de suivre les
projets de la région de la Ruhr et des villes européennes partenaires,
notamment ceux qui démontrent des facteurs d’innovation, de même que le
« pouvoir économique » de la culture. Actuellement, ce sont 20 auteurs
de 10 pays participent au projet, enquêtant sur la culture et la
transformation de ces villes. Portail européen pour les industries
culturelles et créatives, le 2010LAB.tv souligne l’importance des
secteurs créatifs pour l’évolution culturelle et sociale.
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- Débats 2011 : Référencement et prescription culturelle (début Octobre)
- Débats 2011 : Culture et écrans connectés (mi Octobre)
- Débats 2011 : Propriété Intellectuelle, la parole aux artistes (début novembre)
Vos commentaires, contributions et propositions sont importants !
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