Culture is future »

27.02.2012

Toujours plus loin – Quelles pistes pour imaginer maintenant le musée de demain ?

Quelle est l’influence de la crise sur les musées à travers le monde ? Comment les institutions s’adaptent-elles ? Catastrophes naturelles, révolutions politiques, difficultés de financement,… Les raisons de se reposer la question de la préservation et de l’exposition du patrimoine et des œuvres ne manquent pas.

 

La perception du musée dans l’imaginaire populaire, entre galerie poussiéreuse et pépinière incontournable pour le développement des villes et territoires, est aussi multiple que le sont les types de musées eux-mêmes. Le modèle du musée est très éclaté et il est devenu essentiel de permettre aux institutions d’évoluer vers des formes novatrices sans pour autant mettre de côté les traditions et techniques développées au fil du temps, souligne Julien Anfruns, directeur général de l’ICOM. Loin d’être dépassés, les musées s’affirment comme de nouveaux espaces de socialisation et de représentations, qui dans le contexte actuel sont conduits à prendre conscience de la nécessité de diversifier les sources de financement.

 

En Europe, les institutions capables de lever des fonds privés et ainsi d’éviter une dépendance complète à l’Etat, comme c’est le cas au Royaume-Uni, ont ainsi été moins touchées par les coupes budgétaires. Celles-ci ont au contraire été fortement ressenties dans des pays comme les Pays-Bas, l’Espagne ou l’Italie, dont les musées sont encore fortement liés aux financeurs publics. Les objectifs d’évolution vers un financement mixte doivent ainsi être structurés selon des principes réalistes et adaptés  à chaque institution, en évitant toute logique simpliste de substitution des fonds privés aux fonds publics . Dans cette perspective, les cadres juridiques doivent laisser une place aux entreprises et au mécénat individuel, mettant à disposition des musées les outils nécessaires à la réalisation de ces objectifs et permettant la construction dans le temps de partenariats forts et fructueux.

 

Dans les pays à fortes entrées de capitaux, les projets fleurissent (e.g. plus de 20 projets sont en cours en Chine, coordonnés par de grands architectes pour la plupart), allant dans le sens d’une vérification de la corrélation entre croissance et investissement culturel, mais posant toutefois d’autres questions : quel accompagnement pour le public ? Comment faire en sorte que ces musées soient intégrés dans le tissu social et économique local ?  Les activités de l’IBRAM (Institut brésilien des musées) au Brésil démontrent ici une volonté d’action pour donner une place de choix aux musées dans le développement du pays.

 

Enfin, les tensions sur des questions comme les restitutions d’œuvres ou la protection du patrimoine en temps de conflit, font écho aux préconisations de nombreux observateurs prônant une meilleure coordination et un dialogue accru entre les acteurs politiques et culturels sur ces enjeux fondamentaux en termes de conservation et de transmission.

 

Dans ce contexte, la mission de l’ICOM (International Council Of Museum), développant des réflexions sur ces sujets grâce à 117 comités nationaux et 31 comités internationaux et à travers un réseau mondial rassemblant 30 000 musées et partenaires prend tout son sens. Créée en 1946, cette institution contribue à la protection du patrimoine matériel et immatériel mondial, notamment via l’action des boucliers bleus. Elle contribue également aux réflexions et au dialogue sur ces sujets, via une activité de think tank ou encore l’organisation de conférences et d’un forum diplomatique dédié aux défis futurs auxquels devront faire face les musées des 137 pays et territoires présents.   

 

Merci à Julien Anfruns, Directeur Général de l’ICOM pour l’entretien accordé au Forum d’Avignon

 

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Credits photo : Jordan Sim