Culture is future » Innovation et numérique

19.10.2011

Toujours plus loin - Manolosanctis : comment l’édition peut tirer profit du numérique ?

Favoriser la diversité tout en trouvant le bon modèle économique et permettre une plus grande diffusion semblent être le Graal de tous les créateurs à l’heure numérique. Maintenir l’attractivité du format papier pour la BD tout en exploitant les opportunités du numérique, voici le défi que cherche à relever la jeune maison d’édition Manolosanctis.

Fondée en mars 2009, Manolosanctis est une plate-forme numérique qui a pour ambition d’être un tremplin pour les BD en format papier.  Ainsi, son co-fondateur Arnaud Bauer n’hésite pas à dire que  le numérique est  « un émulateur de la création artistique » et permet à des auteurs d’émerger au sein d’une offre très abondante. Selon lui, le lecteur amateur de BD est loin d’abandonner le format papier. 

Pour ne pas passer à côté de nouveaux talents, la maison d’édition permet à tout dessinateur d’être publié sur le site internet. Grâce à son fonctionnement participatif qui accorde un droit de vote à chaque membre de la communauté, des albums sont choisis tous les mois pour être édités en version papier puis commercialisés.

 Manolosanctis se charge ensuite de la promotion de l’album via le site internet d’une part et grâce à La Martinière d’autre part, la maison d’édition qui assure les impressions. L’ouvrage gagne en visibilité à la fois sur le Web (en plus du site internet, il y a les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter) mais aussi en magasins. Manolosanctis sort ainsi des sentiers battus du circuit de distribution traditionnellement emprunté dans les maisons d’édition. Cela permet d’accélérer le processus de naissance de l’œuvre habituellement très long  (une BD met en moyenne entre 12 et 15 mois à sortir en librairie) et d’avoir de plus petits tirages. Ce choix stratégique réduit la part des albums imprimés qui partent au pilonnage (50% des tirages en général).

Avec plus de 21 000 membres et 1 000 auteurs à l’heure actuelle, le concept plaît. Le site compte aujourd’hui 2 500 albums dont plus de 30 disponibles en librairie.

Au-delà de la visibilité et de la possibilité de faire émerger de nouveaux talents, quelles conditions doivent-elles être réunies pour que les « émulateurs de création artistique » puissent émerger ? quels partenariats nouer ? pour quels types de créations ?

 

Une contribution de l'ESSEC/Camille Mauguy