Culture is future » Attractivité des territoires et cohésion sociale

07.07.2011

Qui est Souleymane Cissé ?

Souleymane Cissé, cinéaste malien né en 1940,  joue un rôle majeur pour la reconnaissance du cinéma africain sur la scène internationale.

« Il nous faut créer nos propres marchés et pouvoir nous appuyer sur un public local »

Fidèle du Forum depuis son origine en 2008, Souleymane a participé en 2010 au débat « Nouveaux accès, nouveaux usages à l’ère numérique : La culture pour chacun ? ». Souleymane Cissé a défendu l’idée que les nouvelles technologies, bien qu’elles favorisent évidemment l’accès à la culture, ne sauraient répondre à la question créative qui est celle des talents et de la possibilité d’émerveiller les jeunes, qui seront demain les futurs réalisateurs. C’est pourquoi Souleymane Cissé, s’il admet que le soutien de l’Europe est essentiel au cinéma africain qui trouve ici des débouchés, n’est pas suffisant : il faut que l’Afrique construise son propre marché, qu’elle dispose de salles et ne s’émerveille pas devant les promesses du numérique si elle ne parvient pas à faire vivre ses créateurs. « L’Afrique a besoin de talents, et des talents qui peuvent s’exprimer », sinon « le risque est de voir purement et simplement disparaître le cinéma africain ». De ce point de vue, le numérique est une chance et un risque : une chance parce qu’il permet de produire et de diffuser plus facilement les œuvres, un risque parce que tourner en numérique le matin peut signifier être piraté le soir même. Et Souleymane Cissé de témoigner au Forum d’Avignon de sa propre expérience et de ses déconvenues : pour son premier film en numérique, des copies illégales circulaient déjà avant même la première sortie en salle.

Dès son plus jeune âge, Souleymane Cissé s’intéresse au cinéma. Après des études secondaires à Dakar, il revient au Mali en 1960. C'est alors que survient pour lui la révélation, à l'occasion de la projection d'un documentaire sur l'arrestation de Lumumba : il fera du cinéma. Ayant décroché une bourse, il part à Moscou où il sera projectionniste, puis cinéaste. Son premier film Den Muso (La Fille) est interdit au Mali et vaudra même à Souleymane Cissé d’être emprisonné. C’est Yeelen (La Lumière), récompensé par le prix du jury à Cannes en 1987, qui le révèle au grand public. Il y traite de thèmes tels les filles mères et la reconnaissance de paternité, la révolte des étudiants contre la dictature militaire, etc.

Souleymane Cissé est également président de l'Union des Créateurs et Entrepreneurs du Cinéma et de l'audiovisuel de l'Afrique de l'Ouest (UCECAO) et organise chaque année le festival international de Nyamina, village proche de Bamako. Ce festival sur le thème « culture et développement » part d’une envie d’aller vers des gens en difficulté pour de les sortir de l’isolement par le cinéma et a pour but de mettre en valeur des jeunes talents du cinéma ouest africain.

 

Pour en savoir plus : 

Interview de Souleymane Cissé

Débat : Nouvelles technologies et évolution des comportements

Débat : Nouveaux accès, nouveaux usages à l’ère numérique : La culture pour chacun ? (Philippe Dauman, Souleymane Cissé)