Culture is future »

31.10.2012

QUI EST … Richard David Precht ?

Richard David Precht, philosophe, journaliste and écrivain, est né en 1964 à Solingen. Il reçoit son doctorat en 1994 à l’Université de Cologne et a travaillé pour la plupart des grands journaux et émissions allemands. Precht est membre de "Chicago Tribune". En 2000, il reçoit le prix du journalisme pour la biomédecine. Il écrit des romans et essais. Grâce à son livre philosophique, Qui suis-je et si je suis combien ? Voyage en philosophie (2007), qui est resté, pendant des années, en tête des ventes des essais en Allemagne, il a extasié  lecteurs et critiques. Ce livre a été traduit dans plus de 30 langues. Son livre Liebe - ein unordentliches Gefühl (2009) et Die Kunst kein Egoist zu sein(2010) ont également été des bestsellers. Depuis mai 2011, Precht est Professeur Honoraire de Philosophie à l’Université Leuphana à Lüneburg. Depuis septembre 2012, il présente le nouveau magazine philosophique ‘Precht’ à la télévision allemande (ZDF).

 

Extraits de Les Stratégies culturelles pour un nouveau monde- Actes du Forum d’Avignon 2009 paru chez Gallimard  

« Autrement dit, plus personne n’est responsable de la vision globale de la société [..] Il n’est pas forcément souhaitable de revenir sur cette différenciation des fonctions et je ne souhaite pas le retour d’un potentat à la tête de la société. Néanmoins, nos sociétés ne parviennent pas à trouver de solutions en la matière, et elles ne paraissent plus attendre grand-chose de ses universitaires et de ses chercheurs en ce domaine. En définitive, il n’existe pas de lien entre le monde politique et le monde universitaire, et nous en arrivons à nous demander pourquoi nous formons toutes ces élites si, finalement, elles n’ont pas voix au chapitre. »

 « Qu’adviendra-t-il si la croissance fait défaut ? L’innovation est le modèle de fonctionnement de nos sociétés, mais ce modèle ne perdurera pas indéfiniment. D’autres modèles devront alors être imaginés. De même, il faudra peut-être recourir à d’autres systèmes de rémunération et d’incitation que l’argent. Gagner de l’argent est formidable lorsqu’on est pauvre mais, à partir d’un certain degré de richesse, le bonheur n’augmente plus proportionnellement à la richesse. Pourtant, de nombreuses économies considèrent que la croissance est essentielle. Ce credo quasi religieux de nos sociétés révèle notre incapacité à élaborer des scénarios alternatifs. Nous sommes époustouflés par l’apparition de nouveaux indices de mesure du développement humain, comme celui du bonheur. Mais nous constatons que la France se situe à la 70ème place tandis que Vanuatu est en 1ère place alors que ce pays est nettement plus pauvre. Comment expliquer ce paradoxe ? Lorsque le rapport Stiglitz se demande pour quelles raisons l’on mesure le niveau de développement d’une nation exclusivement par rapport à son PIB et non par rapport à son bien-être, il met le doigt sur une question essentielle. Nous n’avons pas encore réussi à répondre à ces problématiques qui appellent une révolution énorme de nos sciences humaines, de nos sciences de la culture. Il nous faut un nouveau siècle des Lumières. »

 

Découvrez ici les vidéos de Richard David Precht lors des éditions précédentes du Forum d’Avignon.