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23.01.2012

Le Forum d’Avignon donne la parole à 25 artistes de renommée internationale sur le thème de la propriété intellectuelle - Christine Orban

Le Forum d’Avignon donne la parole à 25 artistes de renommée internationale sur le thème de la propriété intellectuelle. Découvrez chaque jour leurs réponses… 

Christine ORBAN, écrivain

Dans quelle mesure les innovations technologiques ont-elles fait évoluer votre métier ?

 

 J’ai écrit dix romans à la main, quatre ou cinq fois chacun. La réécriture était une sorte de tamis qui me permettait de « filtrer » les répétitions, de vérifier le rythme, la ponctuation. Fringues publié en 2002 est le premier roman écrit sur un ordinateur ainsi que les neuf autres qui suivront.  Je ne sais pas si mon écriture a changé, mais cela a été pour moi beaucoup plus facile, plus ludique aussi, de me servir d’un ordinateur. J’étais libre d’imprimer mes pages quand je voulais les lire, je n’avais plus besoin d’intermédiaire, de secrétaire pour donner une version « propre »  à mon éditeur. La relation avec mes romans pouvait demeurer secrète jusqu'à la fin. L’ordinateur devenait presqu’un compagnon « vivant »… quand il était en panne, le roman était interrompu le temps de la réparation, même si cela ne m’empêche pas évidemment de prendre des notes, d’écrire certains passages qui méritent une intimité différente avec un crayon et une gomme. Par exemple le premier jet du Pays de l’absence a entièrement été écrit sur un cahier Clairefontaine, peut-être à cause du sujet. Internet représente pour les recherches un immense gain de temps. Je me surprends à abandonner mon Larousse pour effectuer mes recherches sur Google. 

Comment percevez-vous la réutilisation de vos œuvres par d’autres ?

Je ne suis pas philosophe, juste romancière… Mais quand il arrive qu’une de mes phrases soit reprise cela me fait plaisir, à condition bien sûr que l’on me cite.

Dans 10 ans, à qui confierez la gestion des droits de vos œuvres ? 

Le droit moral et la plus grande diffusion ne sont en rien antinomiques à la diffusion de mon œuvre ;  je pense même que l’éditeur à qui on confie une œuvre a un devoir de diffusion qui ne porte pas préjudice au droit moral d’un auteur.