Culture is future » Attractivité des territoires et cohésion sociale

07.03.2012

Forum d'Avignon Ruhr 8 et 9 mars 2012 - Interview de Dieter Gorny

L’Histoire de l’Europe a souvent été louée à travers l’ouverture du marché commun, ainsi que des taux de change et des business modèles standards. Néanmoins, aujourd’hui, à l’heure de la crise européenne une perception uniquement économique est court-termiste – même pour développer de nouvelles stratégies de croissance en Europe. Aujourd’hui, nous sommes confrontés à des changements drastiques non seulement économiques mais également technologiques et culturels. Ces développements se mettent en place en dépit de la situation, où les changements technologiques n’ont jamais été aussi fréquents, et que les effets liés aux changements n’ont jamais été aussi profonds – en considérant notamment les ruptures sociales grandissantes dans les villes européennes. Ainsi, il est nécessaire d’établir un développement durable – ou une perspective sérieuse pour la prochaine génération dans la mesure où cela représente un facteur essentiel et inévitable pour les développements présents et futurs. Et cela dépend de notre culture et de nos valeurs.

Nos valeurs culturelles évoluent – d’un côté par rapport au respect de l’accès et l’usage de l’art et de la culture et de l’autre côté par rapport à leur rôle dans la société. Par ailleurs, le processus de production économique est également en train de se transformer. La question principale est la suivante : Que pouvons et devons nous faire pour que l’Europe demeure capable d’être viable et compétitive dans un environnement de conflits d’économies mondialisées et d’innovations technologiques, mais également terme de traditions culturelle et d’expérience ? Ce n’est seulement une question politique, économique et sociétale mais surtout une question fondamentale quant aux impacts directs sur les villes. Tout ceci exige de nouvelles approches au niveau européen. Cela exige de résister aux solutions nationales, faciles face à la crise. Cela exige une culture de coopération transnationale et des solutions transectorielles.

Face à ce changement crucial, sociétal, politique et économique en 2012, le Forum d’Avignon a un rôle majeur en développement deux points. 

Tout d’abord, le Forum d’Avignon Ruhr prend un rôle institutionnel en tant que coopération franco-allemande. De la coopération entre l’European Centre for Creative Economy et le Forum d’ Avignon émergé une structure européenne, le Forum d’Avignon, qui a lieu à l’endroit même de l’inauguration de la Capitale Européenne de la culture en 2012.

Dans un second temps, l’objectif est de faire émerger des solutions en allant au delà du traditionnel dualisme européen avec l’économie d’un côté et la culture de l’autre. Le Forum d’Avignon Ruhr se démarque par sa capacité à créer du changement pour des structures nouvelles et des investissements innovants – au sein de la culture, mais également au sein des villes et des économies. Dans cette perspective, de nouvelles bases pour les politiques et de nouveaux outils permettant le changement sont cruciaux. L’éducation des écoles traditionnelles pour des sujets comme la musique et la littérature ne résisteront pas à la compétition numérique internationale.  Jusqu’à présent, les investissements dans les villes n’empêchent pas les jeunes de partir. Le Forum d’Avignon Ruhr précise ces questions lors de trois sessions réunissant décideurs publics, artistes et créatifs de haut niveau, ainsi que des chercheurs internationaux.

Surmonter les crises actuelles de beaucoup de pays implique d’être capable de soutenir un développement durable dans une ère numérique – et de changer les habitudes d’investissements. Richard Florida vient de proposer d’investir dans les compétences et la culture au lieu des investissements traditionnels dans l’immobilier ou les infrastructures routières dans les villes pauvres des Etats-Unis, et ce afin de générer de la croissance.

Une transformation économique et sociétale ne sera pas possible sans coopération interdisciplinaires et stratégies intégrantes. Le futur peut ne plus être un challenge que pour les secteurs individuels ou un problème pour les solutions nationales mais nécessite de nouvelles symbioses dans les politiques publiques, l’économie et la culture.

Prof. Dieter Gorny, Directeur général

european centre for creative economy