Culture is future »

20.04.2016

#FAbdx - Compte-rendu de la session : Entrepreneurs et artistes, co-workers de la ville de demain ?

Débat avec Massimiliano Fuksas, architecte, Pascale Marthine Tayou, artiste plasticien, Bice Curiger, Directrice artistique de la Fondation Vincent van Gogh à Arles, Laurent Dumas, Président du groupe Emerige, collectionneur d’art contemporain, Nicolas Gaume, Directeur de la division Developer eXperience, Microsoft, Directeur Général Microsoft France, Olivier Poivre d’Arvor, Le Grand Tour – Attractivité des étrangers, José Munoz, directeur délégué Euro Méditerranée – Suez Environnement, Michel Magnier, DG Education et Culture, Commission européenne, modéré par : José-Manuel Gonçalvès, directeur Centquatre.

 « Quelles sont les nouvelles pistes se dessinant grâce à ce paradigme d’entrepreneurs-artistes ? » pose José-Manuel M Gonçalves, pour brosser une première piste : « Aujourd’hui, nous sommes dans une nouvelle phase d’innovation avec de nouvelles approches, de nouveaux lieux, de nouvelles méthodes. Or, le lieu existe parce qu’il y a un projet. Le lieu fait le lien. »

« Je suis contre la stratégie. » affirme Massimiliano Fuksas. Less Aesthetics More Ethics cela veut aussi dire moins de stratégie et plus d’émotions. J’essaie de donner de l’émotion aux autres et aux lieux en cherchant une façon de se rencontrer autour de l’œuvre, sur le lieu de l’œuvre. Il faut aujourd’hui ramener tous les arts ensemble. Il faut accepter la discussion et le travail collectif.  Ce qui compte le plus c’est l’expression. »  « L’humain est aussi au centre de ma motivation et de ma création. » relance Pascale Marthine Tayou. « J’étais étudiant lors de la chute du mur de Berlin, quand ce vent de liberté est arrivé en Afrique. Aujourd’hui je me ressource dans le néant pour fabriquer la forme et pour être le symbole de ma vision. Est-ce que le vide est un plein vivant dans un environnement où il y a une forme de plaisir, de confort qui est, au fond, inconfortable ? L’important est de souligner l’inconfort du confort ! »

« L’idée est d’inclure les artistes dans le processus de construction de ce nouveau lieu qu’est la Fondation Vincent Van Gogh. » rappelle Bice Curiger. « Le fait d’avoir une très grande liberté dans ce lieu nous permet de mélanger les œuvres appartement au patrimoine à des œuvres contemporaines comme celles de Raphael Hefti. » Le jeune artiste a créé un jeu de lumières en rentrant au cœur de la fabrication du verre, recommandant aux ouvriers de faire les fautes qu’ils cherchent habituellement à éviter. C’est une métaphore de l’action d’un jeune artiste qui entre dans le matériel et accompagne notre vie urbaine quotidienne.

Revivez le débat :


« Notre objectif – avec une œuvre = un immeuble - est d’ouvrir la création contemporaine de notre pays au plus grand nombre pour dédiaboliser l’idée que l’art contemporain est réservé à une élite. » explique Laurent Dumas. « La profession s’est mobilisée pour répondre ensemble à cet engagement qui est d’installer des œuvres d’art faites par des artistes vivant en France dans des lieux de vie quotidiens. » Concrètement, ce sont 500 000 personnes qui auront accès à l’art contemporain dès la première année. Citons par exemple : le « Musée à ciel ouvert » présenté rue de Wagram ou la future station de métro « Pont Cardinet » confiée à Tobias Rehberger.

« Pour le groupe Suez Environnement, la culture est intégrée comme le quatrième pilier du développement durable ». affirme José Munoz. Des investissements ont été développés que ce soit dans la réhabilitation du patrimoine bâti ou naturel au niveau européen. »

 « Dans l’histoire des entreprises, rappelle Nicolas Gaume, la conception du bâtiment suivait l’activité entrepreneuriale en étant fonctionnelle. Aujourd’hui, elle la précède. L’organisation du lieu appelle des nouvelles organisations du travail. » Chez Microsoft, on innove en créant des lieux basés sur la rencontre. L’innovation c’est de réunir les concepteurs de projets, de leur faire partager leurs valeurs, mais surtout d’y associer les futurs clients ou investisseurs grâce à des espaces ouverts, orientés vers l’extérieur. Au-delà des occasions de conversations, le lieu participe à la co-création.

 « Les publics sont mis à l’écart. Il ne faut pas l’oublier. » insiste Olivier Poivre d’Arvor. « Il y a plein de gens qui ne sont pas concernés par le monde de la culture. Et cet échec l’Europe n’a rien tenté : les vaches sont 1000 fois plus subventionnées que les artistes. L’Europe est tournée vers le patrimoine et manque singulièrement d’actions sur les lieux de culture. Or il faut permettre aux citoyens de faire leur ‘play list’ de lieux de partages. De par le monde,  des lieux innovants sont des inspirations : le SESC au Brésil par exemple, réconcilie émotions esthétiques et pratiques quotidiennes (que ce soit par l’art, le sport, etc) à travers des activités amateurs comme professionnelles. Ces lieux sont créés et vécus pour que les gens passent du temps ensemble. Le rapprochement physique correspond et répondent à une attente démocratique.

« Le budget européen réservé à la culture est très limité parce que ce n’est pas une compétence européenne. Se défend Michel Magnier. L’innovation se fait  désormais au niveau des villes (les Etats se désengagent ou se concentrent sur le patrimoine). Les villes dépensent deux fois plus que l’Etat dans l’innovation en France. De plus la tendance est trop de refaire, ou recréer ce qui a déjà été fait ailleurs. Aussi, pour faciliter les échanges, nous allons créer un réseau de ‘creative hubs’.