Culture is future »

16.11.2012

#FA2012: Session "Les raisons d'espérer de la culture"

La session du matin avec les interventions,  c’est un résumé complet de la session animée par Pierre Lescure sur ‘Les raisons d’espérer de la culture’.  

 


#FA2012 Jour 2 : Session "Les raisons d'espérer... par forumavignon

Etude Louvre Alliance – 7 raisons d’espérer – Création et créateurs par Bertrand Moineau, Associé, Louvre Alliance, France 

Elles sont sept. Sept raisons d’espérer, qui synthétisent des dizaines d’entretiens, de rencontres,  et de lectures  de personnalités intellectuelles et artistiques, célèbres ou méconnues.

Sept raisons : c’est à la fois ambitieux et présomptueux tant la matière résiste et s’élargit au fur et à mesure des réflexions. Provocateur aussi alors que le monde doute et tousse. Restrictif et frustrant enfin, puisqu’il n’est question que de l’imagination créative, et dans le domaine culturel de surcroit, alors qu’elles sont nombreuses les raisons d’espérer, dans la science, la technologie, la biologie…

Alors risquées, ces raisons d’espérer ? Mais aussi tellement stimulantes… et un rien jubilatoires.

Télécharger l'étude.

 

Le résumé de la session "Les raisons d'espérer de la culture"

Débutée à 9h00, la session ‘Les raisons d’espérer de la culture’ a commencé par une vibrant raison d’espérer de Pierre Lescure, son modérateur mais aussi président de la mission Culture-acte2, à la demande  de la ministre Aurélie Filipetti pour une réflexion sur les ressorts de l’économie numérique. ‘Il n’est plus possible ni revenir en arrière, ni reprendre les mêmes règles qu’auparavant, car la révolution numérique est passée par là. Il faut une réflexion qui accompagne les comportements des individus et intègre les droits de l’ensemble des acteurs qui contribuent à nourrir l’écosystème culturel. » 

Reprenant un constat du  philosophe Michel Maffesoli « Il flotte dans l’esprit du temps une générosité d’être qui relativise les égoïsmes économiques » Pierre Lescure a donné la parole à Bertrand Moineau, Associé, Louvre Alliance auteur de  l’étude Louvre Alliance – 7 raisons d’espérer – Création et créateurs. Celui-ci pour évoquer les sept raisons d’espérer, qui synthétisent des dizaines d’entretiens, de rencontres,  et de lectures  de personnalités intellectuelles et artistiques, célèbres ou méconnues a préféré en créer une huitième ; ‘Si on regarde au bon endroit on peut toujours espérer, et il faut regarder dans trois directions : - l’être humain, les formes et le monde - pour trouver les lucioles qui éclairent nos espérances.

 


#FA2012 Jour 2 : Session "Les raisons d'espérer... par forumavignon

Trois artistes et un entrepreneur ont su partager leur raison d’espérer.

 

Zahia Ziouani, chef d’orchestre et fondatrice de l’Orchestre Symphonique Divertimento a confirmé en revenant sur son parcours et ses projets que la culture permet à chacun de croire et libérer son potentiel. Elle développe cet effet d ‘entrainement, vers les jeunes dans son orchestre, dans son école de musique à Stains et le projet Demos qu’elle anime avec la Cité de la Musique.   Elie Barnavi, Conseiller scientifique, Musée de l'Europe  a témoigné comment la culture pouvait constituer un rempart aux fanatismes : ‘L’homme est le seul capable de choisir sa place, non assignée à l’avance par la nature grâce à sa liberté de créer’. Il plaide pour une réhabilitation de ce qu’il appelle ‘la culture cultivée’ car tout ne se vaut pas et qu’il s’agit d’une affaire politique. Stéphane Richard, Président Directeur général, Orange-France Télécom  a rappelé que la culture était une raison de vivre en tant qu’homme. Mais qu’elle est aussi au cœur de la fracture numérique. La nécessité de modèles économiques fiables impose de sortir du tout gratuit au profit de  modes de financement transparents. Le succès des grands agrégateurs vient de leur gratuité mais s’appuie sur une gestion des données personnelles (big data) des consommateurs qui ne font l’objet d’aucun contrôle. L’importance du droit à l’oubli est pour lui une perspective essentielle pour tout internaute.

Avant son concert avec la pianiste Anne Pagès-Boisset sur des œuvres de Ravel, Massenet et Kreisler,  Renaud Capuçon, violoniste a insisté sur le rôle clé de la transmission pour la musicien, interprétation des partitions en soliste, chambriste ou chef d’orchestre, pédagogue vers les jeunes et notamment les tous petits, enfin sous forme d’un festival à Aix en Provence fin mars prochain, où la qualité des interprètes, des programmes, et des tarifs permet de toucher un large public.

La deuxième table ronde de la matinée portait sur ‘La force de la diversité culturelle’.

 

Dés que l’on évoque la diversité culturelle, le terme politique y est tout de suite associé. Les témoignages et les interventions de la salle ont été nombreux pour souligner que si la diversité culturelle est une force, mais qu’il ne fallait ni confondre diversité et divertissement, ni l’éloigner de décisions politiques essentielles comme en témoigne la signature de la convention sur la diversité culturelle de l’Unesco et l’agenda onusien du ‘Millénaire’. A la fois acteur et laboratoire, l’Europe constitue  l’un des premiers creusets pacifiés de diversité dans le monde avec 23 langues dans les 27 pays de l’Union,  près de 400 régions, Etats fédérés, Oblasti, comtés, Länder, périphéries, comitats, districts et communautés autonomes, plus de 30 000 musées, …

La vidéo produite par l’Agence France Presse pour commémorer le Traité d’amitié entre la France et l’Allemagne en janvier 1963 rappelle que se sont d’abord deux hommes qui ont eu le courage de balayer les souvenirs pour aller de l’avant. En direction des hommes politiques européens,   le Forum d’Avignon appelle à ce que la France et l’Allemagne, qui célébreront en janvier 2013, le 50ème anniversaire de la signature du traité de l’Elysée, s’appuie sur cet événement symbolique pour donner à la culture une place centrale de cette ‘construction de l’Europe unie, qui est le but des deux peuples’ comme l’écrivaient les pères fondateurs Schuman et Adenauer.

Comme l’a affirmé Krzysztof Candrowicz, Directeur, Lodz Art Center, membre des European Young Leaders,  40 under 40, il est venu ‘parler d’avenir, être la voie de sa génération pour insuffler le vent du changement de l’europe 2.0’. Pour lui, il ne faut plus parler en termes de problèmes l’avenir de l’Europe mais en termes de solutions. Plus de technologies, il faut parler valeurs, créations qui insuffleront de l’espoir aux citoyens européens.  Entrepreneur canadien francophone, Pierre Karl Péladeau Président et chef de la direction de Quebecor est venu témoigner de la lutte du Québec pour préserver sa langue et sa culture française. « Pour un québécois, culture et diversité culturelles sont la même chose ». Rappelant que la culture est assujettie à l’économie, il faut la faire fructifier pour en assurer la pérennité. Il en appelle à la responsabilité du monde de l’entreprise, qui doit sortir de la seule logique de valorisation des actionnaires pour une valorisation plus socio-économico-culturelle, démarche essentiel pour enrichir la diversité culturelle.

L’intégration de la diversité culturelle se joue aussi au niveau de l’ONU comme l’a rappelé Jean-Christophe Bas, Conseiller, Développement stratégique et partenariats, Alliance des civilisations - Nations Unis a rappelé qu’il fallait se mobiliser dans le cadre de la négociation ‘Millénaire 2015’ pour que la diversité culturelle soit partie prenante du le développement durable.

« Il est démontré depuis 20 ans que la biodiversité est liée à la sphère économique, il est désormais acquis que l’écologie culturelle fait partie du système économique dans un tout intégral. » comme le rappelle  par David Throsby, économiste et porte parole de la diversité culturelle de l’Unesco.  Les responsables politiques  Joakim Stymne, Secrétaire d’Etat de Suède et par vidéo, Didier Reynders, Vice Premier ministre et ministre des affaires étrangères confirment très concrètement qu’il faut prendre ou défendre les mesures qui permettent à la création d’exister.  La Convention de l’Unesco est une avancée considérable, et une arme juridique mais  que la diversité culturelle reste un combat, et une exigence pour les générations à venir.