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19.09.2011

DEBAT 2011 - Propriété intellectuelle - Les artistes reprennent leurs droits

Nouveau défi pour l’industrie musicale : grâce à une clause de leur contrat, des artistes pourraient devenir propriétaires des leurs anciens enregistrements.

En effet, le copyright, révisé en 1976 aux Etats Unis, précise que les artistes peuvent, en invoquant le droit de résiliation, réclamer la propriété de leurs enregistrements. Ils pourraient ainsi reprendre contrôle de leurs œuvres après 35 ans d’exploitation par leur maison de disque, si cette demande est réalisée deux ans à l’avance. Parmi les artistes pouvant réaliser cette demande – des artistes qui possèdent donc des enregistrements datant de 1978, la loi étant entrée en vigueur le 1er janvier 1978  - Bruce Springsteen, Bob Dylan, Tom Petty, Tom Waits et Bryan Adam ont déjà rempli des demandes, selon le bureau américain des droits d’auteurs.

Ces démarches pourraient mettre en difficulté les maisons de disque, dont une partie du chiffre d’affaires repose sur leur catalogue. Universal Music Group, EMI, Warner et Sony BMG, les quatre principales majors, ont déjà fait savoir qu’elles n’abandonneraient pas ces droits sans entrer dans une bataille judiciaire. Les chansons ayant été enregistrées sous contrat, elles considèrent que les musiciens étaient alors des employés et  que les chansons ne leur appartiennent pas.  Cité par le New York Times, le président de l'association américaine des compositeurs estime que "chaque année, de plus en plus de musiciens redeviendront propriétaires de leurs chansons, et auront de plus en plus d'influence sur le marché de la musique.

Un mouvement de revendication qu’on observe de manière insistante dans le milieu artistique, à travers l’auto publication notamment. De Rubens, un des premiers artistes à avoir revendiqué la gestion de ses œuvres à  Jordi Savall, qui créa sa propre société en 1998 pour produire et éditer ses enregistrements, de nombreux artistes, et pas uniquement ceux dont la notoriété leur permet cette « indépendance », comme JK Rowling ou Paolo Coehlo, semblent suivre cette voie.  Grâce à Alia Vox,  Jordi Savall influe sur sa politique éditoriale, « long processus de recherche, recréation, expérimentation, réflexion et interprétation, dans lesquels tout véritable artiste est impliqué ». S’agit-il d’une tendance de fond ? Ou d’un nouveau dialogue entre les indispensables découvreurs de talents, les intermédiaires et leur capacité à faire émerger et financer les artistes et les créateurs ?

 

Toujours plus loin

Article du NY Times 

 

Crédit photographique : Vico Chamla