Culture is future » Innovation et numérique

11.11.2011

DEBAT 2011 - Prescription et référencement culturel - Europeana, peux-tu m’aider à trouver la bonne information culturelle ?

Supposons que je décide d’écrire un article sur la représentation de la fleur d’Iris dans l’histoire de l’art. Comment commencer ma recherche ? Tapons par exemple «peintres» et «iris» dans Google : 6 300 000 résultats en 0,11 secondes. Parmi ceux-ci la page la plus pertinente présente un ensemble de quelques peintures représentant un iris, pour lesquelles je vais devoir chercher les différents auteurs. Les résultats suivants sont encore moins pertinents (je découvre par exemple qu’il existe un peintre qui avait pour nom de famille Iris).

On ne peut en accuser le célèbre moteur de recherche : il a efficacement rempli sa fonction d’afficher tous les documents disponibles relatifs à cette requête. Apparemment, personne avant moi n’avait posé cette question au moteur de recherche. 

Le problème n’est donc pas nécessairement l’accès à l’information, mais la représentation numérique des informations. Actuellement, la grande majorité du World Wide Web se compose encore d’une quantité énorme de documents contenant des données. Durant les dernières décennies, Tim Berners Lee, créateur du WWW, a plaidé en faveur d’une structure différente de l’information. L’information pourrait être représentée par des données brutes, ce qui serait beaucoup plus utile et pourrait alors prendre la forme d’innombrables documents, selon les différents besoins et souhaits. 

Certaines institutions culturelles présentent déjà les donnés de leurs objets numériques de façon à permettre des recherches sémantiques. Toutefois, lorsque différentes institutions de nombreux pays sont impliquées, un nombre incalculable de problèmes d’interopérabilité surviennent du fait de l’utilisation de critères différents pour décrire ces objets numériques. Cela demande du temps et des efforts considérables de coordination pour donner à la connaissance humaine une structure cohérente, permettant à une machine de trouver facilement la bonne information.

Afin de créer une base de données européenne rassemblant sous forme numérique un grand nombre d’éléments de son patrimoine culturel, l’Union Européenne a lancé (et continue de soutenir) le projet Europeana, présidé par Bruno Racine. Plus de 17 millions d’articles peuvent déjà être consultés sur Europeana – un nombre en constante augmentatio. Ce projet parviendra-t-il à promouvoir la représentation sémantique des données dans le domaine du patrimoine culturel ? Espérons-le.

 

Une contribution de l'Université de Bologne/Anna Cocchi

Crédit: Europeana