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19.12.2012

Croissance économique et compétitivité : une histoire franco-allemande

Pendant des années, l’économie française a surpassé l’économie allemande. Cela n’a changé que récemment. La France doit désormais regarder la compétitivité allemande comme une référence, quand l’Allemagne pourrait apprendre deux ou trois choses sur la croissance durable de la productivité. L’amitié est une double-voie.

Les autorités allemandes devraient adopter les demandes françaises pour stimuler la croissance en Europe. L’Allemagne a toujours eu tendance à souffrir de stagnation structurelle. Le produit allemand est sur le point de devenir obsolète et ses avantages faiblissent. En effet, l’économie allemande repose bien moins sur les avantages comparatifs que sur la demande à l’intérieur de la zone euro. Si la zone euro disparaît, l’excédent commercial allemand déclinera et perdra.

Les Allemands pourraient en réalité bénéficier de l’exemple français en suivant sa croissance durable de productivité, que Paris a toujours mieux réussie que l’Allemagne dans le passé. En effet, les avantages comparatifs allemands pourraient s’éroder du fait de l’afflux de capital européen. Cela pourrait même supporter le processus de sortie de crise européen et donc l’Allemagne. C’est donc dans l’intérêt de l’Allemagne d’en faire davantage pour aider le sud à surmonter ses difficultés actuelles au lien de les accabler avec toujours plus de dettes.

La France, quant à elle, doit se référer à la compétitivité allemande, mais pas au modèle allemand en tant que tel. Elle doit accélérer sa croissance car elle doit créer plus d’emplois, notamment pour les jeunes. En même temps, elle doit également réduire son déficit budgétaire. Elle a donc trois options : une solution rapide consisterait à mettre en place des déductions d’impôts pour les investissements dans l’équipement et le logement, comme l’Allemagne l’avait fait immédiatement après la réunification pour redresse l’Allemagne de l’Est. Le danger est que cette solution pourrait soutenir la demande du secteur non marchand sans améliorer la compétitivité. La deuxième option serait de se concentrer sur la difficile restauration de la compétitivité du prix du travail en encourageant la productivité tout en ne bloquant pas trop les salaires. La troisième option est un équilibre fragile entre les deux précédentes.

 

Télécharger l’étude (en anglais uniquement)

 

Stefan Collignon

Professeur d’économie politique à la Sant’Anna School of Advances Studies à Pise depuis octobre 2007 et économiste au centre européen de recherche à Rome depuis juillet 2007.