Culture is future »

02.10.2014

Contribution : "Méta questions sur les Méta données" par Dianel Aldana

Pensant aborder ce sujet afin d’obtenir des réponses, j’en ressors avec de nouvelles questions à résoudre.

Ce fut là le sentiment qui prédominait à ma sortie du Forum d’Avignon, le Vendredi 19 Septembre et de ses nombreux débats et réflexions collectives autour du Big Data.

Je suis persuadée que mes interrogations sont partagées, ce qui relève en fait d’une indication positive quant au travail sain, productif et intelligent fournit par mes neurones au cours du forum. Car dans ce cas en effet les questions sont encore plus cruciales que ne le sont les réponses.

Commençons par aborder la question la plus évidente. Qu’est-ce que le Big Data ? 

« Le Big Data formalise tout ce que vous ne pouvez pas circonscrire à un classeur Excel. »

Cette définition fut énoncée par l’architecte Carlo Ratti lors du Forum, si je la trouve simple elle n’en est pas moins révélatrice. Car cela nous offre une vision représentative du Big Data en tant qu’entité évolutive,  comme masse importante de données qui ne peut pas être traitée selon le modèle des bases de données conventionnelles et qui requiert ainsi un processus qualitatif complexe pour être appréhender.

A l’échelle de l’individu, nous pouvons considérer que si le génome constitue notre identité biologique, les données sont au fondement de notre identité numérique.

Mon choix pour ces définitions n’est pas anodin, en effet la première étape qui permettra de rendre la culture des données  accessible à nos sociétés actuelles nécessite d’aborder le sujet au travers d’un langage facilement compréhensible par l’utilisateur, se débarrassant des termes techniques afin d’appréhender de nouvelles notions plus accessibles et  facilement compréhensibles pour les utilisateurs réguliers.

Comment créer une Culture de la Donnée ?

Comment rendre public un débat d’idées initié par un Forum de professionnels ? Au sein duquel intervenants privés et publics se rejoindraient pour faire émerger ensemble une éducation de l’individu quant aux usages du Big data ? Ceci en vue de faciliter l’adaptation de la société à l’ère de la donnée. Pour cela  des échanges accrus, une politique d’ouverture envers les utilisateurs ainsi qu’une éducation de l’ensemble de la société  sur ces sujets sont autant d’éléments tout à fait essentiels. Esquissant une fois encore une comparaison entre les réalités physiques et numériques, il nous est primordial d’adopter « une hygiène des données » de la même façon dont nous prenons soin de notre hygiène corporelle. Nous autres utilisateurs devrions être davantage avertis quant à la protection et aux utilisations de notre ADN numérique.

Quels profils professionnels pour traiter avec le Big Data ?

En parallèle de l’essor du Big Data, un nouveau métier se fait jour : celui de data scientist, un terme qui fut pour la première fois formulé en 2008 par les data analytics leaders d’alors de Linkedln et Facebook. Pour des raisons évidentes le métier de Data Scientist fut récompensé comme « Le Métier le plus Attractif du 21ème siècle »1 par la Harvard Business Review.

De cette nouvelle opportunité de carrière émergent plusieurs questions. Quelles sont les qualités requises pour un data scientist ? Quelles sont les formations que devraient proposer les instituts éducatifs ? Quels sont les groupes de travails pluridisciplinaires nécessaires afin d’optimiser les usages du Big Data ? Ce qui est sûr c’est que les travaux des computer scientist, statisticiens ou mathématiciens ne s’inscrivent ni dans la durée ni dans un contexte d’entreprise ou bien dans une utilisation du Big Data a des desseins sociaux tels que l’amélioration du système de santé public ou du développement culturel. Une combinaison des savoirs et des compétences provenant de différents domaine et notamment des sciences sociales est essentielle et préférable à une approche multidisciplinaire.

Comment perfectionner le Big Data et ses usages au sein des Industries culturelles ?

Un sujet primordial autour du Big Data et de son interaction avec le secteur culturel est la possibilité de voir émerger de son fait des offres culturelles personnalisées s’ajustant aux gouts des individus, et qui ainsi minimisent le risque intrinsèque d’un produit culturel. En d’autres mots : Mesdames les Industries Culturelles bienvenue dans le monde de l’économie de la demande.

Néanmoins selon plusieurs personnalités de la culture, il n’est pas question de sombrer pas dans un pessimisme abusif, car non cela ne signifie pas la fin de l’expression spontanée de la créativité au nom d’une « bigdatacy (c’est-à-dire du règne d’un management de la culture et des arts piloté par les données). En effet Amit Khanna souligne qu’à la place la production artistique guidée par le Big Data pourrait être un stimulus de la créativité. Il propose alors comme exemple la possibilité selon laquelle dans un futur proche un consommateur lambda pourrait créer une fin alternative pour chaque film qu’il visionne, ce qui  permettrait ainsi une multiplication infini de la créativité selon les goûts de chacun. Ce qui rend cette approche particulièrement intéressante est l’implication accrue du public, dépassant l’état de spectateur passif pour atteindre celui de coproducteur et co-créateur prenant possession du produit culturel. La question qui se pose alors est de savoir comment capitaliser sur cette heuristique afin de valoriser l’utilisateur et d’encourager le développement culturel. Dans ce cas-là quels projets économiques pourraient-ils en émerger ? Quel sont les modèle  de financement viables et durables ?

De nombreuses questions restent sans réponses…

Mais comme énoncé par Jean-Paul Delevoye (le Président du CESE) lors de l’inauguration du Forum d’Avignon, l’ambition de cet évènement n’était pas donner des réponses aux défis du big data, sinon d’initier une réflexion collective en vue de recherches plus approfondies et d’un futur développement des possibilités.

Il est ainsi urgent d’accroitre les recherches en particulier dans le domaine culturel, car en effet les travaux académiques sur le Big data n’y sont pas aussi nombreux qu’ils peuvent l’être par exemple dans le secteur de la santé. De plus le politique  a besoin d’études venant des professionnels de la culture et des universitaires afin de prendre les décisions les plus adéquates et de rapprocher pratique et politique dans un monde du Big Data en constante évolution.

À propos de Dianel Aldana

Spécialiste international de la culture originaire du Mexique. Elle est une coordinatrice aux activités développements expérimentée à Arte Escena Cristol dans le domaine de la gestion de projet, du financement, et de la production au sein du secteur des performances artistiques.

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