Culture is future »

04.08.2015

Contribution : "Le bénévole, public et acteur" par Laureen Fuser

Ils ne sont pas seulement un rouage indispensable du modèle économique de tout festival, les bénévoles constituent aussi une nouvelle façon de vivre et de communiquer un évènement culturel. 

Depuis quelques années, la France assiste à une recrudescence du nombre de festivals sur son territoire, enregistrant pas moins de 13972 festival en 2013. Ces évènement festifs et éphémères (d’après le ministère de la culture) qui font revivre le spectacle vivant ont souvent une construction assez particulière. En effet, les festivals sont généralement organisés par des associations et donc gérés par des bénévoles. En France, une enquête de l’IFOP reprise par France bénévolat enregistrait 20 900 000  bénévoles en 2013, contre 18 300 000 en 2010, soit une augmentation de 14%. Concernant le bénévolat ponctuel, c’est-à-dire celui qui concerne notamment les festivals, c’est une augmentation de 27% entre 2010 et 2013, passant de 2 300 000 à 3 400 000 bénévoles. Selon Jarvis et Blank (2011), les bénévoles se voient à la fois comme touriste, public et organisateur. Ils agissent donc comme ces trois acteurs économiques du festival.

Les bénévoles ont un rôle majeur dans l’organisation de ces manifestations. Leurs compétences sont un critère primordial d’évaluation du festival, mais ils permettent également de solliciter les dépenses publiques et locales en donnant au festival un statut culturel à but non lucratif qui correspond alors aux politiques culturelles locales. Mais la contribution la plus remarquable des bénévoles résident dans les retombées économiques de leur action. En effet, le bénévole agit également comme un touriste, et son impact se décline en trois formes de dépenses sur le territoire : les dépenses directes qui sont les dépenses touristiques effectuées par les festivaliers et les organisateurs, les dépenses indirectes qui sont celles des acteurs touristiques et des organisateurs pour répondre à la demande des festivaliers, et les dépenses induites réalisées par les acteurs touristiques grâce à leurs salaires.

Ce statut particulier à mi-chemin entre public et organisateur fait entrer le bénévole dans un processus de communication à part. En effet, la plupart des bénévoles s’engageant dans l’organisation d’un festival ont été sollicité par un autre bénévole, qui assure ainsi une communication locale au sein de l’association. De plus, ils assurent une communication très importante sur les réseaux sociaux, partageant leur expérience tout comme le font les publics passionnés, dont ils font généralement partie.

Les bénévoles ont alors un poids important dans ce modèle économique particulier qu’est le festival et dans le processus de communication. Mais quelles sont les raisons de cet engagement ? Le bénévole s’engage pour diverses motivations. Dans les plus importantes, décrites notamment par Goldberg et Glen’s en 1991 dans les théories de la motivation, on retrouve des motivations altruistes, le bénévole est alors guidé par le désir de se rendre utile. Dans la même idée, certains d’entre eux, et notamment les plus anciens, recherche par l’engagement associatif les occasions sociales, les rencontres. Mais toutes les motivations des bénévoles ne sont pas tournées vers leur prochain, et si ils n’y trouvent aucune rémunération, les bénévoles recherchent dans cette action un épanouissement personnel, et la réponse à un besoin de reconnaissance. Certains groupes y projettent même des stratégies précises de carrière et voient dans la participation au festival une occasion de rassembler de nouvelles compétences.

Les raisons sont multiples car le bénévole a une identité complexe, et la réalité de son rôle reflète bien cette identité plurielle.

Laureen Fuser, Master 1 Publics de la culture et communication, Université d'Avignon

Légende photo : Echelon Festival 2012

Crédit photo : Patrick Gallenmüller