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08.08.2014

Contribution : "L'anti-héros ou la recette miracle des séries en vogues" par Diane Touré

L'anti-héros s'est imposé tant et si bien comme la martingale de la série créative que  cette année, les « People Choice Awards » qui récompensent les meilleures séries américaines ont créé la catégorie du « meilleur anti-héros ». Première consécration ; Walter White, le protagoniste de la série Breaking Bad. 

 

 

Breaking Bad : le mal universel.

Breaking Bad met en scène le point de rupture d’un américain de classe moyenne qui voit sa vie se transformer à cause de l’annonce d’un cancer. [1]Walter White, le protagoniste de la série, représente le mal universel, Walter est caractérisé par des contraintes qui prennent le dessus sur certaines circonstances, à savoir le cancer et un système de santé américain fragile qui ne lui permet pas de se faire soigner sans argent. C’est la tension des événements qui provoque la transformation et le recours à l’illégalité et qui le fait tourner mal.

Le point central de la série est de mettre en avant la banalité et la survie du personnage dans un environnement qui ne lui permet plus d’être ce qu’il était. La morale disparait peu à peu, le commun des mortels devient alors, sans aucun scrupule, un ennemi redoutable de cette société qui lui fait défaut. Walter White c'est  avant tout l'aspect universel de la violence humaine qui est mis en scène et le téléspectateur tente d’accepter, voire de comprendre comme le dit si bien le créateur de la série Vince Gilligan :[2] comment Walter White est passé de Mr Chips à Scarface ?

L’anti-héros, une valeur ajoutée des chaines câblées.

En raison de leur puissance économique d’une part et de liberté créative exacerbée par la concurrence, d’autre part, les chaines câblées se sont progressivement démarquées des contraintes, des réglementations de la commission américaines des télécommunications (hertziennes) et de la vigilance des associations de « défense de la famille » sur les contenus des grands réseaux télévisuels.   En témoignent les séries à succès de la chaîne payante HBO, Game of Thrones, Boardwalk Empire et True Blood, celles d’AMC  notamment Breaking Bad ou Showtime Network avec Dexter n’hésitent pas à dessiner des personnages centraux défiant tous les codes sociaux défiant toutes morales.  « Quand vous faites de la télévision câblée payante, déclare [3]David Nevins, président de la chaîne payante Showtime : vous pouvez vous permettre certaines choses. Et ces choses, ce sont la violence, le sexe et les comportements répréhensibles et je pense que le public le regarde pour la même raison que nous le produisons: pour être à la pointe. »

Vers l’escalade ? Si la télévision câblée estime n’avoir plus de limite à part de capter la fidélité addictive de leur public misant autant sur de bad guys que sur le sexe avec des séries comme Masters of Sex, les chaines hertziennes tentent des programmes plus innovants et dans l’ère du temps comme The Killing qui annoncent des personnages pour le moins anticonformistes.

Diane Touré, Master 1 PCC Université d’Avignon

Crédit photo : Shawn Anderson