Culture is future » Innovation et numérique

02.07.2015

Contribution : "La data au cœur de l’innovation culturelle" par Marion Rampini (2/3)

De nombreux projets culturels illustrent cette ambition et intègrent désormais la valorisation de la data dans leur stratégie pour développer des approches innovantes, en partenariat avec d’autres secteurs de l’économie. Trois stratégies ont retenu notre attention : 

1. le partage en partenariat,
2. la création  de pôles technologiques,
3. et l’intégration dans des projets de Smart Cities

2 - Constituer de véritables pôles technologiques

Inclure au sein même des industries culturelles et créatives des pôles technologiques soutenant l’innovation permet d’accroître les opportunités de développement du secteur et de le doter d’une nouvelle fonction innovante, celle de workshop à la pointe des dernières innovations technologiques.

Développer des incubateurs regroupant des métiers transverses pour soutenir et stimuler l’innovation

La transversalité et la collaboration sont des points clés accompagnant la valorisation des data et les projets de transformation numérique. Le modèle des incubateurs permet cela et constitue pour le secteur culturel une opportunité majeure de développement. Ouvert en novembre 2014, l’incubateur NEW INC du New Museum situé à Manhattan, se calque sur les modèles déjà existants en proposant un environnement de travail collaboratif, à la croisée du design, de l’art et des nouvelles technologies. Professionnels, étudiants, créatifs peuvent se rencontrer, échanger, participer à des programmes de formation et bénéficier d’un écosystème stimulant, l’idée étant de créer une émulation transverse entre conservateurs, designers, artistes et autres champs expertises. The New Museum se positionne ainsi comme l’un des pionniers parmi les organisations culturelles permettant l’inclusion de pôles technologiques de ce genre.

De même, le IK Prize proposé par la Tate, illustre la volonté d’inclure une dynamique collaborative et technologique. Ce prix remis par un jury  constitué de professionnels du secteur high-tech, sélectionne et récompense un projet valorisant le numérique, l’engagement des publics et favorisant l’expérience des utilisateurs.

Se positionner au cœur de l’ « expérience utilisateur », en développant des workshop de produits innovants 

Dans les pistes technologiques intéressantes à promouvoir pour les organisations culturelles de demain, se trouve le champ des objets intelligents et connectés. Ces objets contribuent notamment à la collecte et à la communication de données mais aussi de plus en plus à leur exploitation (par exemple par l’analyse et la visualisation en temps réel de données). Montres, lunettes, dispositif immersif, ou encore jeux vidéo, ces objets diluent les frontières du réel et du virtuel. Proposer aux visiteurs de tester ces innovations et les intégrer par ailleurs au sein de projets, constitue donc un positionnement innovant pour le secteur culturel.

Par exemple, dans le cadre de la Cyber Week, le MoMA a proposé aux visiteurs de venir tester dans la boutique du musée, des prototypes de produits innovants. Dans la même veine, la Gaité Lyrique et le Conservatoire des arts et métiers ont accueilli récemment en leurs murs, les prototypes du festival numérique Futur en Seine. De même, les organisations culturelles développent pour leurs structures des projets innovants. Visite immersive avec lunettes connectées à l’exposition Vélasquez au Grand Palais, réalité augmentée à la Villa Cavrois, ou encore robots comme l’illustre le projet After Dark développé par la Tate, sont autant d’exemples participant à l’innovation collaborative et au développement de la filière culturelle.

En structurant ces actions au sein de pôles technologiques, la culture se trouve au cœur de la collaboration et de la transversalité entre secteur public et privé, entre entreprises et consommateurs, entre organisations culturelles et publics, nécessaires à la transformation numérique,. La participation à des projets Smart Cities constitue pour les industries culturelles et créatives, une autre opportunité de placer la data au cœur de l’innovation collaborative.

À propos de Marion Rampini

Diplômée de l’ESCP Europe / Ca’ Foscari, et de l’Ecole du Louvre. Convaincue et passionnée par la révolution Big data, son impact économique et sociétal, et ses innovations. Participe à l’analyse des nouveaux usages et pratiques numériques. Publie sur les enjeux du Big data dans la culture et en particulier dans les musées.

Lire sa thèse

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