Culture is future » Innovation et numérique

24.06.2015

Contribution : "La data au cœur de l’innovation culturelle" par Marion Rampini (1/3)

De nombreux projets culturels illustrent cette ambition et intègrent désormais la valorisation de la data dans leur stratégie pour développer des approches innovantes, en partenariat avec d’autres secteurs de l’économie. Trois stratégies ont retenu notre attention : 

1. le partage en partenariat,
2. la création  de pôles technologiques,
3. et l’intégration dans des projets de Smart Cities

1 - Jouer collectif en partageant les données

« Si les leaders du digital montrent une nouvelle voie, ils ne sont pas nécessairement les mieux placés pour collecter ni pour valoriser équitablement l’ensemble des données utilisées tout au long des chaînes de valeur de la culture » rappelait Philippe Torres, Directeur Conseil et Stratégie Digitale de L'Atelier BNP Paribas (La Tribune, 20 novembre 2014). « Les opérateurs de télécommunication, les entreprises de transports, d’hôtellerie, de restauration, l’ensemble des services municipaux, et les fournisseurs de services culturels sont logiquement les mieux placés pour capter les données d’usages qui concernent leurs propres prestations ».

Des stratégies collaboratives de partage de données émergent  et se développent, en exploitant diverses possibilités :

A. Développer des stratégies de branding à partir de partages de données environnementales

Depuis 2013, le Seattle Art Museum utilise des informations liées à la météo, au trafic ou à la circulation piétonne pour l’installation Mirrori de l’artiste Doug Aiken. De même, le Nevada Museum of Art reprend les informations relatives aux relevés météo pris à Reno pour faire varier les couleurs de son logo on line, en fonction de la température de la ville, se faisant ainsi l’écho du concept de l’institution qui est d’associer l’art à l’environnement.

B. Initier des partenariats avec le secteur des télécommunications

Les opérateurs télécoms sont devenus des partenaires clés pour la culture, disposant grâce aux données mobiles d’informations à valoriser. Ainsi, le programme Flux Vision a été établi avec Orange dans le cadre de Marseille Provence 2013 sur le département des Bouches-du-Rhône. L’exploitation des données du réseau mobile a permis de définir les trois types de profils participants à l’événement : résidents, touristes et excursionnistes. Ce résultat a été obtenu à l’aide de données croisées telles que l’évaluation de la fréquentation à des évènements spécifiques de Marseille Provence 2013, l’analyse quotidienne de la fréquentation et la mobilité des personnes en différents endroits du département. Désormais, ce dispositif est accessible à tous les départements de France, grâce à un partenariat entre le Réseau National des Destinations Départementales et Orange. Cet exemple souligne la possibilité d’utiliser les données dérivées des opérateurs de téléphonie pour booster l’économie du tourisme culturel.

B. Innover et collaborer ouvertement grâce aux hackathons

Sur le principe de l’Open Innovation soutenu par Cap Digital et invitant sponsors, grandes entreprises ou établissements publics, à collaborer et mettre à disposition les jeux de données de leur structure qu’ils souhaitent voir améliorer, le ministère de la Culture a organisé le 25-27 octobre 2013 un Hackathon. Cet événement a rassemblé une soixantaine de participants, aux profils variés réunis pour élaborer des prototypes d’application de produits ou de services culturels dans des délais brefs. Plus de 150 fichiers provenant du ministère et des établissements publics ont été mis à leur disposition (coordonnées géolocalisées de monuments français issues du Centre des Monuments Nationaux, métadonnées sur les dossiers pédagogiques du Centre Pompidou, documents des Archives Nationales et grands repères chronologiques de l’histoire des arts produits par le ministère).

Ces exemples participent à l’innovation collaborative et au développement de la filière culturelle. D’autres opportunités plaçant la data au cœur de l’innovation collaborative existent, telles que l’inclusion de pôles technologiques au sein des organisations culturelles ou encore la participation à des projets Smart Cities.

À propos de Marion Rampini

Diplômée de l’ESCP Europe / Ca’ Foscari, et de l’Ecole du Louvre. Convaincue et passionnée par la révolution Big data, son impact économique et sociétal, et ses innovations. Participe à l’analyse des nouveaux usages et pratiques numériques. Publie sur les enjeux du Big data dans la culture et en particulier dans les musées.

Lire sa thèse

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