Culture is future »

04.06.2015

Contribution : "L’usage éthique de la data est un avantage concurrentiel" par Marion Rampini

Contribuant à l’image de marque et à la pérennité des relations clients, la valorisation des données personnelles devient un actif majeur des entreprises et constitue selon l’étude EY « un avantage concurrentiel ». Pour le secteur culturel, ce sont des opportunités de développement majeures à saisir. En supervisant les usages par un code de bonne conduite et un data officer, les organisations culturelles adopteraient une démarche éthique proactive et pourraient stimuler leurs activités et leur visibilité.

En assurant aux clients confiance, fidélisation et offres personnalisées

L’exemple de la plateforme participative du Dallas Museum of Art, The DMA Friends, donnant accès à des activités et des offres personnalisées pour découvrir le musée autrement, en témoigne. Le visiteur s’y inscrit en donnant son nom et son mail. En contrepartie, il est précisément informé de l’usage et de la manière dont sont  gérées ses données.. Collectées en temps réel, ces data permettent au musée d’adapter sa stratégie en fonction des tendances de visite. Depuis le lancement en 2013, plus de 100 000 personnes se sont inscrites, et le programme s’est développé dans d’autres musées américains. Le projet illustre la nécessaire alliance entre protection des données et innovation. Cet équilibre peut dépasser les exigences de la réglementation existante et être soutenu par plusieurs leviers d’actions tels que la création d’un « droit à l’expérimentation »[1], mais aussi une réflexion sur la manière dont la data doit être monétisée.

En s’ouvrant à d’autres secteurs, notamment via l’Open data

Avec la coopération entre pouvoirs publics, société civile et entreprises, l’Open data permet une baisse des coûts liés à la collecte et l’utilisation des data, une réutilisation commerciale des données, et crée une économie des applications, encourageant la mise en œuvre de services innovants. Favorisant la créativité, l’innovation et la diffusion des savoirs, il est particulièrement utilisé par les industries culturelles et créatives. En Angleterre, l’initiative OpenGLAM[2] en témoigne. La British Library, l’un des fonds documentaires déjà valorisés en metadonnées les plus riches au monde, s’est ainsi lancé dans une sorte de « cloud culture », en diffusant par exemple depuis décembre 2013 plus d’un million de reproductions numérisées sur Flickr. L’objectif est d’enrichir les données associées aux images au fur et à mesure et d’inviter le visiteur à commenter et partager ses connaissances sur les images publiées, pour mieux suivre ses attentes et ses usages.

Ces deux exemples  montrent qu’au lieu  d’opposer précaution et innovation des stratégies data driven, il s’agit davantage d’en équilibrer les pratiques, en toute transparence, et d’encourager les projets Open data. Ainsi les entreprises culturelles s’engageront-elles dans la mise en œuvre de projets innovants collaboratifs et développeront leur écosystème.


[1]Cette notion prônant des règlementations propres à chaque catégorie d’activités, pour le développement de l’innovation, est proposée par la Commission 2030 pour l’Innovation dirigée par Anne Lauvergeon. Cf., Un principe et sept ambitions pour l’innovation, 2013. La Déclaration des Droits de l’Homme numérique proposée à l’occasion du Forum d’Avignon Paris, propose également de conjuguer recherche et innovation. Forum d’Avignon, http://www.ddhn.org/index-en.php, (en ligne).

[2] GLAM signifiant Galleries, Libraries, Archives, Museums.

À propos de Marion Rampini

Diplômée de l’ESCP Europe / Ca’ Foscari, et de l’Ecole du Louvre. Convaincue et passionnée par la révolution Big data, son impact économique et sociétal, et ses innovations. Participe à l’analyse des nouveaux usages et pratiques numériques. Publie sur les enjeux du Big data dans la culture et en particulier dans les musées.

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