Culture is future »

25.03.2016

Contribution : "Entreprendre la culture" par Nicolas de Bailliencourt dit Courcol

Que signifie pour vous être un « entrepreneur culturel » ?

A la réflexion, être « entrepreneur culturel » peut consister à présenter son terroir et ses vins au plus large public –sans préoccupation mercantile-  pour faire connaître ce vin qui est culture et même fondateur de notre civilisation. Par la suite, il s’attache à illustrer la vigne et le vin en les associant, par tous les moyens à sa disposition, à tout ce qui fait notre civilisation : art de la table, bien sûr – inscrit au patrimoine immatériel de l’humanité-  mais naturellement aussi peinture, musique, littérature, poésie, religion : toutes les activités qui ont inspiré nos grands artistes à travers les âges : Omar Khayyâm, les peintres flamands, les moines de Cîteaux, Nicolas de Staël, Colette, Mozart, Baudelaire…

Culture, innovation et entreprise, comment conjuguez-vous ces mots ?

Il faut associer ces trois mots et les conjuguer au pluriel dans la ligne de ce qui est dit plus haut. Avec peut-être une restriction concernant « l’innovation ». Il me semble qu’il ne faut pas systématiquement vouloir faire du neuf, de l’inédit, du jamais vu sous prétexte d’innover coûte que coûte mais plutôt – au risque d’être répétitif et conventionnel, je le reconnais - mettre ou remettre sans cesse en valeur ce qui correspond à notre fond culturel commun parfois mal assimilé, oublié, voire dédaigné sous prétexte d’innovation… Ces fondamentaux culturels, ce patrimoine commun devrait être en priorité offerts à tous, sous ses formes originelles, sans que « l’entrepreneur » cherche à tout « revisiter » – folle entreprise et risible prétention -.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes entrepreneurs culturels ?

On ne peut qu’encourager les jeunes entrepreneurs à prendre des initiatives, des risques, même s’il est plus aisé de le dire que de le faire. Cela demande imagination, créativité, liberté, courage, culot. Il faut par ailleurs avoir l’honnêteté de rappeler que rien de bon ne se fait sans une solide culture humaniste, naturellement ouverte sur le monde d’aujourd’hui, ni sans connaissance de l’histoire des civilisations qui nous ont précédées, au risque de construire sur du sable…

A propos de Nicolas de Bailliencourt dit Courcol, Grand Chancelier de l’Académie du vin de Bordeaux et propriétaire de Château Gazin

Gérant (copropriétaire) du Château Gazin (Pomerol). Chancelier de l’Académie du Vin de Bordeaux (2007 - ). Membre de l’Académie du Vin de France. Administrateur de l’Union des Grands Crus de Bordeaux (1989 - ). Chevalier de l’Ordre Souverain de Malte (1972).