Culture is future »

22.03.2016

Contribution : "Entreprendre la culture" par Hervé Rony

Que signifie pour vous entreprendre la culture ?

La culture n’existe pas sans la création mais cette création n’a pas de réalité si des entrepreneurs (publics ou privés) ne sont pas en mesure d’investir, d’accompagner les créateurs et d’assurer l’accès des œuvres au public. L’argent est nécessaire. Depuis celui du mécène jusqu’à celui du producteur privé, du diffuseur,  ou du galeriste en passant par celui de l’Etat et les collectivités publiques. Entreprendre la culture c’est d’abord prendre des risques, c’est ensuite associer coup de cœur et gestion sans sacrifier la création aux impératifs financiers. La quadrature du cercle autant dire ! Mais quelle belle ambition

Qu’est-ce qu’un entrepreneur culturel ?

Dans le prolongement de la question précédente, c’est quelqu’un qui sait d’abord et avant tout repérer les talents, les faire éclore et mettre en valeur la création. Il peut être public ou privé peu importe du moment qu’il s’assigne cette fonction. Un conservateur de musée comme un grand chef d’entreprise mécène, un producteur de musique comme un producteur de films, un directeur de scène nationale comme celui d’un théâtre privé sont, chacun dans leur style, des entrepreneurs culturels. Même si certains sont obligés à une certaine « rentabilité ». Le tout est de servir l’art et la création. D’être à leur service Je crois qu’il faut assumer cela.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes entrepreneurs culturels ?

Il faut avoir d’abord et avant tout un énorme goût du risque et pour soi-même de la modestie avant de penser à faire fortune ! j’ai croisé dans ces métiers des gens de passion et ce sont eux qui réussissent. Ceux qui croient qu’au fond on peut « investir «  dans la culture » comme dans n’importe quel secteur « porteur » avec des recettes apprises dans les écoles échouent en général lamentablement. Il me semble qu’il faut avoir d’une certaine façon une âme d’artisan et accepter plus que partout ailleurs une incertitude quant au succès tant celui-ci est aléatoire dans le secteur culturel.

A propos d'Hervé Rony, directeur général de la Scam