Culture is future » Attractivité des territoires et cohésion sociale

03.07.2012

Article - Le tricot urbain : révolution féminine dans le monde du street art

Détourner, recycler, transformer, construire le nouveau en se basant sur l’ancien : voici le leitmotiv du mouvement artistique Street Art. L’objet est considéré comme un renouveau.

Les Knitta Please, collectif de tricoteuses en provenance de Houston sont à l’origine d’un nouvel aspect du Street Art : le « yarnbombing » (« le tricot urbain »).

Cette communauté s’approprie le paysage urbain de certaines villes qu’elles investissent au gré de leur voyage. Les Knitta Please tendent à habiller la ville comme on habillerait un corps : la ville est un coeur pour lequel on tricoterait un tricot de laine. Flânant généralement la nuit venue, toujours accompagnées de leur maille qui devient une oeuvre éphémère : elles vêtissent une fois apposées lampadaires, feux tricolores ou marches d’escaliers. Tout y passe. La ville est leur leur terrain de jeu, une toile comme support à broder.

Le « mobilier urbain » est leur support comme le serait des murs pour un graffeur. La différence réside dans la façon dont les aiguilles s’expriment : pas d’agressivité ou de dénonciation aigre mais une douceur au goût de « flower power ». Une pincée de féminité agrémente la rue et son art, dans un courant artistique où ne régnait jusque-là qu’une majorité d’hommes à bombes. Le tricot urbain est une sous branche novatrice du Street Art et répond à un tronc commun : la gratuité, le don temps à la rue. Tout le monde peut s’approprier ces tags de laine éphémères aux couleurs chatoyantes, dynamiques et lumineuses, tout le monde peut détricoter au coin d'une rue.

La pratique du Street tricot s’est amplifiée depuis et a fait naitre de nombreux autres artistes travaillant également la maille, comme notre serial tricoteuse locale, l’Avignonnaise Kat’s Eye.

Ces artistes du crochet nous font souffler un petit air de renouveau et réinventent le mouvement, dans l’espoir que des lieux ou des objets urbains connaissent une seconde vie, une vie culturelle artistique.

 

Une contribution de l’Université d’Avignon, par Johanna D’Imperio.

 

Pour en savoir plus :

Un article de 20 minutes sur le street art  http://www.20minutes.fr/article/966941/street-art-mur-epanoui